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Suicide assisté: la ministre de la Santé de l'Ontario veut ouvrir le débat

25/09/2013 07:40 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST

TORONTO - La ministre ontarienne de la Santé estime que le temps est venu pour les Canadiens et leurs dirigeants d'aborder le tabou du suicide assisté, bien que le Parti conservateur ait fait part de son refus catégorique de relancer un tel débat au pays.

Deb Matthews a déclaré, mercredi, que même si l'euthanasie et le suicide assisté demeuraient illégaux au Canada, il était nécessaire que les citoyens parlent des soins de fin de vie.

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a répliqué que son gouvernement n'avait aucunement l'intention de soumettre un projet de loi pour relancer ce débat, affirmant que si le sujet touchait de nombreux Canadiens, cela restait une affaire «très personnelle et émotive».

Québec a lancé, le 17 septembre, les audiences publiques sur son projet de loi visant à légaliser l'aide médicale à mourir, dans lequel le gouvernement détaille les conditions nécessaires pour avoir droit à une telle assistance. Ottawa a par ailleurs indiqué qu'il étudierait le projet de loi, le premier du genre à avoir été jamais présenté au pays.

La ministre Matthews affirme quant à elle qu'il appartient au gouvernement fédéral de déterminer si le suicide assisté devrait être ou non légalisé.

Elle a souligné qu'elle ne serait pas surprise si ce dossier délicat était évoqué à l'occasion de la rencontre, le 27 septembre à Toronto, entre les ministres des provinces et territoires de la Santé et leur homologue fédérale, Rona Ambrose.

Le sujet a refait surface en Ontario après la diffusion d'une vidéo du plaidoyer passionné d'un éminent médecin en faveur de la légalisation du suicide assisté. Le Dr Donald Low, qui avait notamment joué un important rôle dans la gestion de la crise du SRAS à Toronto en 2003, est récemment décédé des suites d'un cancer du cerveau, à l'âge de 68 ans.

Mais pour M. MacKay, qui a indiqué avoir vu des segments de l'émouvante vidéo, il reste que ce sont là des questions de morale.

«Je ne crois tout simplement pas qu'il soit dans notre intérêt d'ouvrir le débat ou de soumettre un projet de loi qui changerait les lois actuelles, des lois qui visent à protéger les gens de certains abus», a-t-il affirmé.

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