POLITIQUE

Stephen Harper abordera des questions de santé au siège de l'ONU à New York

25/09/2013 06:21 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST
CP

NATIONS UNIES, États-Unis - Il faut plus que des discours pour améliorer le sort des mères et des nouveau-nés dans les pays en développement, a déclaré le premier ministre canadien, Stephen Harper.

M. Harper a voulu détailler les mesures que le Canada prend en ce sens, mercredi à New York, devant un comité des Nations unies sur la santé maternelle et infantile.

Le premier ministre canadien a identifié neuf projets spécifiques qui obtiendront plus de 203 millions $ sur cinq ans pour accroître la vaccination, fournir des soins de santé de base et établir des services communautaires pour réduire les risques liés à la maternité et à l'accouchement.

«Le monde réalise des progrès considérables sur le plan de l'amélioration de la santé des femmes et des enfants dans les pays en développement et de la réduction des taux de mortalité inacceptables qui affligent ces populations vulnérables», a déclaré M. Harper.

«Le Canada est à l'avant-plan de ces efforts, et je suis fier que grâce au soutien annoncé aujourd'hui (mercredi), plus de femmes et d'enfants bénéficieront d'une meilleure nutrition, d'une sécurité alimentaire accrue et de vaccins qui permettent de sauver des vies», a-t-il ajouté.

En 2010, le Canada s'était engagé pour près de 3 milliards $ sur cinq ans concernant la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants dans le monde, une initiative qui émanait du sommet du G8 de 2010 à Muskoka, en Ontario.

Le premier ministre a pris la parole devant le comité après s'être entretenu en privé avec Bill et Melinda Gates, qualifiant la fondation portant leur nom d'important partenaire du Canada. M. Harper devait également se prêter à des rencontres bilatérales avec le président du Sénégal et avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon.

M. Harper a aussi indiqué que le Canada sera l'hôte, l'année prochaine, d'une rencontre internationale visant à s'assurer que les organismes responsables des programmes rendent des comptes sur l'argent dépensé.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de développement international, Hélène Laverdière, n'a pas tardé à critiquer le programme du gouvernement canadien, affirmant qu'Ottawa annonçait pour une deuxième fois un financement déjà promis il y a trois ans et n'y incluait aucune mesure sur les moyens de contraception.

«Le financement du Canada pour l'Initiative de Muskoka aurait dû inclure du financement pour faciliter l'accès des femmes à des services de santé sexuelle et de reproduction, dont des mesures pour la contraception d'urgence et les avortements sécuritaires», a plaidé Mme Laverdière dans un communiqué.

Elle a également dénoncé le fait que le gouvernement conservateur ait rejeté, la semaine dernière, la demande des Nations unies pour une évaluation nationale et complète de la violence faite aux femmes autochtones.

«Il est clair que le Canada n'est pas, sous le gouvernement Harper, un véritable leader en matière de défense des droits et de la santé des femmes.»

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird, était lui aussi de passage à New York mercredi pour discuter de la santé des femmes et des enfants. Il a pris part à une table de discussion sur le mariage forcé des jeunes filles.

Une telle pratique constitue une «effroyable violation des droits de la personne» et le Canada est déterminé à y mettre fin, a-t-il déclaré.

Le mariage forcé des enfants vole leur droit à l'éducation et menace leur santé, a poursuivi le ministre Baird.

On estime que des millions de jeunes filles de moins de 18 ans — dont certaines ne sont âgées que de 8 ans — sont mariées de force chaque année dans différentes régions du monde, y compris au Canada.

Les complications d'un accouchement à un si jeune âge entraînent de graves conséquences sur la santé de l'enfant, et peuvent parfois provoquer sa mort. M. Baird n'a pas précisé si le Canada accorderait un soutien financier à des groupes fournissant l'aide médicale nécessaire pour que les jeunes filles mariées de force puissent avoir recours à l'avortement.

Le ministre des Affaires étrangères devrait par ailleurs représenter le Canada et prendre la parole, lundi, devant l'Assemblée générale de l'ONU, une tâche que plusieurs considèrent comme étant celle du premier ministre.

M. Harper a toutefois insisté pour dire que les premiers ministres du Canada n'en avaient jamais fait une tradition, un argument rejeté par le porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, Paul Dewar.

«Cela fera la deuxième fois en autant d'années que notre premier ministre se trouve à New York en même temps que tous les autres leaders mondiaux mais choisit de ne pas s'adresser aux Nations unies», a-t-il déploré, ajoutant que plusieurs s'inquiétaient de la réelle volonté du Canada à s'impliquer au sein de l'ONU.

M. Harper a fait valoir que des ministres canadiens et lui-même livrent des discours et prennent part à d'autres activités liées aux opérations de l'ONU.

Il participera, jeudi, à une discussion dirigée portant sur l'économie, organisée par le Conseil des affaires canadiennes-américaines à New York.