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L'internet coupé au Soudan au troisième jour des violentes manifestations

25/09/2013 04:56 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST

KHARTOUM, Soudan - La connexion internet au Soudan était pratiquement inexistante, mercredi, au troisième jour des émeutes contre la flambée des prix du carburant dans le pays.

Les prix du gaz et du pétrole ont immédiatement doublé après que le gouvernement du président Omar el-Béchir eut annoncé qu'il cessait de subventionner le carburant.

Renesys, une entreprise qui assure une veille de l'activité sur internet, a indiqué qu'elle n'était pas en mesure de dire si cette coupure était bel et bien le fait du gouvernement soudanais. L'absence de connexion rappelle toutefois le même genre de coupure en Égypte, pays voisin du Soudan, où les autorités avaient orchestré un blocage majeur de l'internet lors du soulèvement populaire de 2011.

Les forces de sécurité ont eu recours à des gaz lacrymogènes mercredi pour disperser les dizaines de manifestants réunis à Khartoum, la capitale soudanaise. Des manifestants en colère ont mis le feu à une station de police dans le nord de la ville.

Au moins deux personnes ont été tuées dans les violences des trois derniers jours. Les autorités ont condamné les manifestations, les qualifiant d'actes de sabotage «prémédités».

Les émeutes, qui ont débuté dans l'État de Gezira, au sud de Khartoum, se sont peu à peu transformées en appel à l'expulsion du président El-Béchir, qui dirige le pays depuis plus de vingt ans. Le président fait par ailleurs l'objet d'un mandat d'arrestation de la Cour pénale internationale en lien avec le conflit en 2003 dans la région du Darfour, où quelque 300 000 personnes auraient péri dans les affrontements entre troupes gouvernementales et rebelles.

Le Soudan peine à s'approvisionner en carburant depuis l'indépendance en 2011 du Soudan du Sud, une région riche en pétrole.

La première tentative du gouvernement soudanais de sabrer dans les subventions s'était soldée par des manifestations semblables, mais elles avaient été violemment matées par les autorités.

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