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Nucléaire iranien: Obama privilégie la diplomatie

24/09/2013 08:32 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST

Devant l'ouverture manifestée par le nouveau régime à Téhéran, le président américain, Barack Obama, privilégie la voie de la diplomatie dans le dossier du nucléaire iranien. Il a toutefois réclamé des « actions » de la part de Téhéran, lors de son allocution devant a 68e Assemblée générale annuelle de l'ONU à New York.

M. Obama s'est dit « encouragé » par l'élection du nouveau président Hassan Rohani qui a reçu un « mandat pour suivre un chemin plus modéré », dans une allusion au prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Le président américain a joint la parole aux actes en mandatant son secrétaire d'État, John Kerry, pour faire avancer le dossier. « Étant donné que le président Rohani s'est engagé à parvenir à un accord, j'ai demandé à John Kerry de mener ce processus avec le gouvernement iranien, en coordination étroite avec l'Union européenne, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine », a expliqué M. Obama.

« Les blocages pourraient s'avérer trop difficiles à surmonter, mais je suis convaincu qu'il faut essayer la voie diplomatique », a-t-il ajouté.

Malgré son ouverture pour la voie diplomatique, le président Obama a rappelé que les États-Unis demeuraient déterminés à « empêcher l'Iran de développer l'arme nucléaire ». « Nous ne cherchons pas à obtenir un changement de régime et nous respectons le droit des Iraniens à accéder à une énergie nucléaire pacifique », a-t-il ajouté.

Une rencontre historique?

Évoquée par l'administration américaine lundi, une éventuelle rencontre entre les présidents iranien, Hassan Rohani, et américain, Barack Obama, « n'est pas à l'ordre du jour », selon Téhéran. Les présidents Rohani et Obama se croiseront toutefois à New York dans le cadre de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le président Obama s'est adressé à l'Assemblée générale en avant-midi, alors que son homologue iranien doit se diriger vers la tribune en fin d'après-midi.

« Une telle rencontre n'est pas à l'ordre du jour », a déclaré la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, depuis Téhéran. « Nous pensons que l'occasion [pour une telle rencontre] n'est pas encore arrivée », a-t-elle expliqué. « Nous ne cherchons pas à avoir une rencontre juste pour le principe. Pour atteindre nos objectifs, nous avons un cadre et une diplomatie active. »

Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 dans la foulée de la crise des otages à l'ambassade américaine en Iran en 1979.

Le nouveau gouvernement de Téhéran, qui a pris ses fonctions le mois dernier, multiplie les signaux d'apaisement vis-à-vis de l'Occident. Dimanche, le nouveau président iranien a réaffirmé que son pays ne cherchait pas à fabriquer la bombe nucléaire. Le président iranien doit rencontrer le président français, François Hollande, au cours de la journée, une première depuis 2005.

Le début d'une « nouvelle ère »?

La porte-parole iranienne a également exclu une rencontre bilatérale entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zari, et le secrétaire d'État américain, John Kerry. Les deux hommes se rencontreront toutefois lorsque M. Javad Zari rencontrera ses homologues des pays du groupe 5+1, formé des pays membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) en plus de l'Allemagne. M. Kerry a confirmé sa présence en prévision de cette rencontre.

Les ministres des Affaires étrangères tiendront, pour la première fois, des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran. Cette rencontre marque le début d'une « nouvelle ère », selon le ministère des Affaires étrangères iranien sans pour autant suggérer une quelconque concession.

« Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire », mais les pays du groupe « 5+1 doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne », a écrit M. Zarif sur son compte Twitter.

« Ces discussions sont le début d'une nouvelle ère. La République islamique a exposé de façon explicite sa position concernant son droit à l'énergie nucléaire pacifique et son droit à l'enrichissement [de l'uranium] sur le territoire iranien », a déclaré Mme Afkham. « Cette réunion représente un engagement sérieux des parties étrangères à parvenir à une solution basée sur un calendrier précis. »

Le président Rohani a déclaré, avant de s'envoler pour New York, qu'il voulait profiter de son passage devant l'Assemblée générale de l'ONU pour présenter « le vrai visage de l'Iran » et poursuivre les discussions avec l'Occident pour mettre un terme au litige sur le programme nucléaire de son pays.

Malgré les signes d'apaisement, la Maison-Blanche estime que ces discours ne sont pas suffisants et demande des actes concrets à la République islamique sur son programme nucléaire.

L'administration américaine et leurs alliés soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. C'est pourquoi ils ont imposé des sanctions économiques à l'Iran.

Israël s'inquiète

Les Américains doivent également composer avec les inquiétudes de leur allié israélien qui voit dans les signes d'apaisement iranien une ruse. Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Yuval Steinitz, espère qu'une poignée de main entre Obama et Rohani n'ait pas lieu. Il estime qu'au-delà des mots, l'important demeure les actions et les résolutions.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, doit prendre la parole devant l'Assemblée générale de l'ONU le 1er octobre. Lors de son discours de l'an dernier, M. Nétanyahou avait tracé « une ligne rouge » sur l'enrichissement d'uranium iranien au-delà de laquelle il ferait intervenir l'armée israélienne.

Devant la perspective d'une nouvelle ronde de négociations sur le nucléaire iranien, Israël met en garde la communauté internationale contre un éventuel « accord de Munich », en référence aux accords de 1938 signés entre l'Allemagne nazie, l'Italie de Mussolini, la France et le Royaume-Uni.

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