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Le CPQ lance un cri d'alarme sur la situation économique du Québec

24/09/2013 10:29 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Il est temps de cesser de présenter les entreprises ainsi que les projets d'investissement comme une menace à la qualité de vie des Québécois parce qu'il est temps de sortir l'économie de la province de son immobilisme, selon le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval.

«Les Québécois veulent avoir une qualité de vie, mais on ne leur dit pas qu'on s'endette et que ce sont nos enfants qui vont payer pour cela, parce qu'électoralement, ce n'est pas vendeur», a-t-il dit, mardi, en entrevue.

M. Dorval a fait ces commentaires en marge de la publication du quatrième Bilan de la prospérité du Québec du CPQ, qui maintient sa note globale de «C» pour la province.

Selon le président du CPQ, il revient autant aux élus, aux employeurs qu'aux syndicats de changer la perception qu'ont les citoyens des entreprises.

«On ne peut plus les dépeindre comme étant des menaces, dit M. Dorval. Il faut que les gens puissent comprendre qu'à chaque fois qu'une entreprise investit au Québec, ça crée des emplois et de nouveaux revenus fiscaux.»

Pour accorder la note de «C» au Québec, le CPQ s'est basé sur les indicateurs que sont la disponibilité et qualité de la main-d'oeuvre, son coût, la réglementation, les finances publiques ainsi que l'environnement d'affaires.

Selon le Conseil, le Québec traîne de la patte dans plusieurs catégories comparativement à la moyenne des trois autres provinces les plus peuplées au pays, soit l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique.

Le produit intérieur brut par habitant est inférieur (25 pour cent) au Québec, tout comme la moyenne des salaires (16 pour cent), le taux d'emploi (4 pour cent) le niveau de productivité (5,4 pour cent), les mises en chantier (18 pour cent) et le taux d'investissement privé (10,5 pour cent)

Inversement, la dette publique est supérieure de 30 pour cent au Québec comparativement à la moyenne des trois provinces les plus populeuses du Canada.

Le Conseil s'est basé sur 21 critères afin d'être en mesure de comparer le Québec avec le reste du Canada.

Selon M. Dorval, les attaques à l'endroit de projets d'investissements d'entreprises et l'adoption de moratoires «devraient être évitées au profit d'actions constructives».

Le président du CPQ faisait notamment référence au projet d'inversement de la ligne 9B du pipeline d'Enbridge afin d'acheminer du pétrole de l'Alberta au Québec.

«Les groupes de pression vont s'objecter au projet en disant que c'est du pétrole sale et que c'est dangereux alors qu'il existe déjà, le pipeline», observe M. Dorval.

«Pourtant, les mêmes groupes vont demander au gouvernement d'investir dans le transport collectif, notamment. On pense que l'argent se trouve à quelque part dans une pochette secrète.»

Selon le président du CPQ, le gouvernement pourrait utiliser les retombées de ces projets pour investir dans les services et les infrastructures au lieu de puiser dans les poches des contribuables.

« Les Québécois sont déjà pris à la gorge, on ne peut pas leur en demander davantage, martèle M. Dorval. Les seuls revenus additionnels qu'un État peut aller chercher, c'est grâce aux investissements.»

Le Bulletin souligne quand même que le Québec s'est amélioré dans certains aspects.

La province s'est démarquée en ce qui a trait au taux d'obtention d'un diplôme universitaire de premier cycle, qui est plus élevé que dans le reste du pays, ainsi que dans les investissements en matière d'infrastructures.

Le document note aussi des améliorations en ce qui a trait à l'augmentation des dépenses en recherche et développement, la hausse de la productivité multifactorielle ainsi qu'un taux effectif marginal d'imposition sur l'investissement plus bas.

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