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La fin du siège à Nairobi

24/09/2013 02:28 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, vient d'annoncer la fin du siège au centre commercial Westgate à Nairobi, occupé depuis samedi par un commando islamiste armé : « Nous avons humilié et vaincu nos assaillants ».

Il précise que 5 terroristes ont été tués, et 11 suspects sont en détention. Quant au bilan des victimes, il parle de la mort de 61 civils et de 6 agents de sécurité. 

Le président annonce aussi trois jours de deuil national.

Tirs, mouvements de troupes et confusion

Plus tôt dans la journée, des coups de feu ont résonné sporadiquement dans le centre commercial, au quatrième jour de l'attaque lancée par la milice somalienne Al-Shabab. Les soldats ont ratissé pendant de longues heures les différentes sections du Westgate. De son côté, le commando affirmait sur Twitter qu'il tenait  ses positions, qu'il y avait toujours des otages en vie et que le sol était jonché d'un nombre « incalculable » de cadavres. Le ministère kényan de l'Intérieur avait pourtant dit quelques heures plus tôt que le centre commercial était « sous contrôle » et que tous les otages avaient été libérés. 

Une partie du toit du centre commercial s'est effondrée à la suite de l'incendie qui a éclaté lundi. Il s'agirait d'une section du stationnement aérien.

Deux Canadiens ont été tués dans l'attaque du commando, dont une diplomate originaire d'Ottawa. Deux Françaises, trois Britanniques, un Sud-Africain, une Sud-Coréenne, une Néerlandaise, un Péruvien et deux Indiens figurent également parmi les victimes.

Jusqu'ici, les autorités kényanes ont confirmé avoir abattu trois assaillants. Le commando serait composé de 10 à 15 membres.

Pendant ce temps, à Genève, le premier ministre de la Somalie a dénoncé la « lâche attaque » du Westgate. Abdi Farah Shirdon a déclaré que les responsables de l'attentat devaient répondre de leurs actes, lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la Somalie. Le premier ministre somalien réclame l'aide de la communauté internationale pour combattre les Shabab et dit travailler de concert avec les autorités kényanes.

Des assaillants venus « du monde entier »

Interviewée lundi soir par la chaîne de télévision américaine PBS, la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a soutenu que « deux ou trois Américains et une Britannique » figuraient parmi les assaillants - une affirmation démentie par la suite par Al-Shabab.

La police kényane avait déjà affirmé que la Britannique Samantha Lewthwaite, veuve d'un des kamikazes des attentats du 7 juillet 2005 à Londres, pourrait être « impliquée », mais cette information n'a pas encore été confirmée par Londres.

Concernant les « deux ou trois Américains » possiblement impliqués, la ministre a précisé sur les ondes de PBS qu'il s'agissait « de jeunes hommes, âgés entre 18 et 19 ans [...] d'origine somalienne ou arabe, mais qui vivaient aux États-Unis, dans le Minnesota et dans un autre endroit ».

L'attaque a été revendiquée dès samedi par Al-Shabab, un groupe lié à Al-Qaïda qui exige le retrait des troupes kényanes présentes en Somalie depuis octobre
2011.

Le chef d'état-major des forces armées du Kenya, le général Julius Karangi, a toutefois déclaré à la presse que les membres du commando venaient de pays différents, parlant d'un « rassemblement multinational du monde entier » sans pour autant fournir de précisions sur les nationalités des assaillants.

En point de presse lundi, le premier ministre Stephen Harper a qualifié l'attentat de « lâche », ajoutant que le Canada et ses alliés examinaient la situation de près. Il a aussi offert ses condoléances aux familles, amis et collègues des victimes.

M. Harper n'a pas commenté la rumeur selon laquelle l'un des assaillants serait canadien. Il a toutefois assuré qu'il ne croyait pas à un phénomène de radicalisation majeur au Canada.

Un conflit qui s'enlise

Le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Nicholas Kay, a appelé la communauté internationale à intensifier la lutte contre les insurgés islamistes somaliens, qui tentent depuis plusieurs années de prendre le pouvoir à Mogadiscio.

« L'approche de l'ONU et mon approche vis-à-vis des Shabab en Somalie, c'est qu'il faut intensifier nos campagnes, du point de vue militaire, mais aussi politique et pratique », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Genève.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a également proposé son aide en vue de poursuivre les responsables de l'attaque.

L'attaque pourrait « constituer un crime en vertu du Statut de Rome », le traité fondateur de la CPI auquel le Kenya est un État partie, a déclaré Mme Bensouda, citée dans un communiqué.

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