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Kenya : Al-Shabab recrute à Toronto

24/09/2013 01:02 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

Alors que des rumeurs circulent au sujet de la participation possible d'un ou de plusieurs Canadiens à l'attentat terroriste dans un centre commercial au Kenya, l'ancien directeur adjoint du Service canadien du renseignent de sécurité (SCRS) Ray Boisvert dit qu'il « ne serait pas complètement surpris » que ce soit le cas.

Lundi, le premier ministre Stephen Harper a indiqué qu'il ne craignait pas que le recrutement de jeunes Canadiens par des organisations terroristes soit un « phénomène de masse », sans vouloir commenter le cas précis de la tuerie au centre commercial Westgate de Nairobi.

Plusieurs experts en sécurité affirment que jusqu'à 100 Canadiens ont été recrutés au cours des dernières années.

Selon M. Boisvert, qui est devenu consultant, le recrutement par des organisations étrangères comme Al-Shabab, qui a revendiqué l'attentat au Kenya, semble avoir lieu dans le cas de l'Amérique du Nord particulièrement dans les régions de Toronto et de Minneapolis, aux États-Unis.

Deux jeunes hommes de London, à l'ouest de Toronto, ont participé, par exemple, à une attaque terroriste contre un site gazier en Algérie en janvier dernier. Ils sont morts, après s'être fait exploser selon toutes vraisemblances.

L'imam ontarien Said Rageah, qui connaissait certains des jeunes qui ont été recrutés, dit qu'il empresse toujours ses fidèles à « ne pas partir » pour participer au prétendu jihad en Afrique ou au Moyen-Orient.

De son côté, l'expert en contre-terrorisme Michel Juneau Katsuya souligne qu'il est difficile d'arrêter des jeunes endoctrinés avant le passage à l'acte. « D'avoir visité des sites Web, d'avoir regardé des vidéos ou de s'être laissé charmer par une propagande haineuse n'est pas nécessairement ni anticonstitutionnel ni illégal. »

Communauté craintive

Toronto compte l'une des plus importantes diasporas somaliennes au monde.

L'ex-résident Mohamed Abdullahi Mohamed, d'origine somalienne, a passé six mois avec le groupe Al-Shabab en 2008.

Pour sa part, le président du Congrès somalien canadien Ahmed Hussen « s'inquiète » des rumeurs selon lesquelles un jeune d'ici pourrait être impliqué dans l'attentat à Nairobi.

Il appréhende que cela ne mène à du profilage et que les membres de sa communauté aient plus de difficulté à voyager ailleurs dans le monde.

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