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En ce qui concerne l'Iran, les actions pèsent plus que les mots, dit Harper

24/09/2013 02:55 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - Même si le premier ministre Stephen Harper dit encourager ses alliés à emprunter la voie diplomatique pour régler le délicat dossier du nucléaire iranien, il souligne qu'en ce qui concerne l'Iran, mieux vaut regarder ses actes que ses paroles.

Il a tenu ces propos mardi en réponse à une question d'un journaliste à Ottawa, après une rencontre avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe.

Plusieurs pays, notamment les États-Unis, semblent vouloir tendre la main à l'Iran et montrer une ouverture afin de régler l'épineux dossier du développement du nucléaire iranien. Les pays occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir fabriquer une bombe alors que l'Iran maintient qu'il ne veut que développer le nucléaire pour se doter d'un programme énergétique et pacifique.

Le président américain Barack Obama tente ainsi une sorte de rapprochement avec le nouveau président iranien, Hassan Rohani, qui a reçu un «mandat pour suivre un chemin plus modéré» que son prédécesseur. Notant son ton plus conciliant, il a dit que la voie diplomatique devait «être testée», tout en réclamant de sa part des «actes transparents et vérifiables», et cela, devant l'Assemblée générale des Nations unies.

Mais le Canada, un allié de premier plan d'Israël, a été plus ferme que son voisin américain envers le pouvoir iranien.

Bien qu'il affirme qu'il ne «blâmera certainement pas le président américain Barack Obama et ses alliés de vouloir essayer», Stephen Harper a laissé entendre qu'il ne fondait pas trop d'espoir sur cette démarche.

«Nous allons voir», a-t-il commenté au sujet des tentatives des autres pays.

Et il a jugé bon d'y aller de cet avertissement, mardi, alors qu'il se trouvait au Parlement à Ottawa.

«En ce qui concerne le gouvernement de l'Iran, mon conseil est de regarder avec plus d'attention les actions que les paroles», a lancé le premier ministre.

Et pas question pour le moment de rétablir une ambassade à Téhéran, a indiqué le premier ministre.

M. Harper rappelé que l'ambassade canadienne en sol iranien avait été fermée il y a environ un an en raison de l'insécurité croissante pour son personnel. Elle ne sera rouverte que lorsqu'il y aura des garanties de sécurité, avance-t-il.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) déplore la position prise par le premier ministre.

«Cela montre à quel point nous sommes isolés comme pays», a commenté Paul Dewar, porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, notant que les États-Unis, le France et l'Angleterre veulent se rapprocher de l'Iran, après que son président eut montré une ouverture.

«Ils sont prêts à aller de l'avant et à essayer de faire de ce monde un endroit plus sécuritaire», juge-t-il, pendant que le Canada «reste en marge de tout cela».

Le premier ministre à l'ONU

M. Harper va à New York cette semaine mais n'ira pas prononcer de discours à l'Assemblée générale des Nations unies. Le président Obama l'a pourtant fait mardi matin, et y a abordé la question de l'Iran.

Justifiant son absence — encore une fois — de l'assemblée générale, M. Harper a réitéré qu'il n'est pas coutume pour un premier ministre de s'adresser aux Nations unies à tous les ans. Il n'y était pourtant pas allé l'an dernier non plus, même s'il se trouvait à New York cette semaine-là, afin de recevoir son prix de «chef d'État de l'année», décerné par une fondation.

Le NPD a déploré l'absence du premier ministre.

«Nous devons être au parfum de ce qui se passe, nous devons être engagés et voir ce que l'on peut faire», a déclaré mardi M. Dewar.

L'ONU n'est pas une institution parfaite, mais c'est le mieux que nous avons, a-t-il ajouté, se disant inquiet du message envoyé aux autres pays, lorsque le chef du Canada ne daigne pas assister à son assemblée générale.

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