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Ecoutes américaines: violentes critiques de Dilma Rousseff à l'ONU

24/09/2013 12:05 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST
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Brazilian President Dilma Rousseff delivers a speech during the announcement of the authorization to build private ports, at Planalto Palace in Brasilia, on July 3, 2013. AFP PHOTO/Evaristo SA (Photo credit should read EVARISTO SA/AFP/Getty Images)

NEW YORK (AFP) - La présidente du Brésil Dilma Rousseff a violemment critiqué mardi à l'ONU le programme d'écoutes américain, affirmant qu'il était "intenable" et qu'il violait le droit international.

"L'argument selon lequel ces écoutes illégales visent à protéger les pays du terrorisme est intenable", a déclaré la présidente brésilienne à la tribune. "Une telle ingérence est une violation du droit international", a-t-elle ajouté, au premier jour de l'assemblée générale de l'ONU.

"Le Brésil sait se protéger lui même", a-t-elle également ajouté, via un traducteur. L'internet "ne peut être utilisé comme une arme de guerre", a-t-elle insisté.

"Le droit à la sécurité d'un pays ne peut jamais être assuré en violant les droits civiques fondamentaux d'autres pays", a encore déclaré Mme Rousseff.

Premier chef d'Etat à s'exprimer à la tribune de l'assemblée, juste avant le président américain Barack Obama, Mme Rousseff a consacré toute la première partie de son discours à ce thème.

Le président américain a fait une brève allusion à ce dossier dans son discours, défendant l'efficacité du programme d'écoutes américain. "La conséquence de ce travail et de la coopération de nos alliés et partenaires est que le monde est plus stable qu'il y a cinq ans", a-t-il affirmé.

Barack Obama a néanmoins précisé que les Etats-Unis avaient "commencé à revoir la manière dont (ils recueillent) des renseignements de façon à trouver un équilibre entre les préoccupations légitimes de sécurité de nos citoyens et alliés et les inquiétudes sur le droit à la vie privée".

Il y a quelques jours, Mme Rousseff avait annoncé qu'elle reportait sa visite d'Etat à Washington prévue le 23 octobre, Brasilia jugeant insuffisantes les explications des Etats-Unis après des révélations sur des cas d'espionnage américain au Brésil.

"En l'absence d'un éclaircissement satisfaisant des faits, avec des explications à la hauteur et l'engagement de cesser les activités d'interception, les conditions pour la tenue de cette visite à la date fixée au préalable ne sont pas réunies", avait annoncé la présidence brésilienne.

Mme Rousseff a dénoncé mardi des personnes "visées au hasard" par ces écoutes, ainsi que des entreprises et des diplomates brésiliens.

Les révélations des médias brésiliens s'appuyaient sur des documents de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) fournis par l'ex-informaticien américain Edward Snowden au journaliste américain du Guardian Glenn Greenwald, qui vit à Rio de Janeiro.

"Le gouvernement brésilien est sûr qu'une fois la question résolue de façon adéquate, la visite d'Etat se fera dans les plus brefs délais", avait aussi indiqué la présidence brésilienne.

La chaîne de TV Globo a révélé ces dernières semaines que la NSA avait espionné les communications de Mme Rousseff, de ses proches collaborateurs et de millions de Brésiliens ainsi que les données de la plus grande entreprise du Brésil, le géant pétrolier Petrobras.

Ces accusations ont déjà conduit à la suspension des négociations avec les Etats-Unis pour l'achat d'avions multi-rôles, un contrat de quatre milliards d'euros où la France (avec le Rafale) et la Suède sont en lice également, selon une source du gouvernement à l'AFP.

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