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Commission Charbonneau: une autre partie du témoignage de Paul Sauvé libérée

24/09/2013 06:24 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - La Commission Charbonneau a levé, mardi en fin de journée, l'ordonnance de non-publication qui frappait une autre partie du témoignage de l'ex-entrepreneur en maçonnerie Paul Sauvé, de LM Sauvé, plus particulièrement son contre-interrogatoire par l'avocat du Parti libéral du Québec.

Jeudi dernier, lors de ce contre-interrogatoire alors frappé d'un interdit de publication, Me Michel Décary avait notamment questionné M. Sauvé sur sa participation au cocktail de financement de l'ex-ministre libéral Jean-Marc Fournier, à l'automne 2003.

Lors de son témoignage, M. Sauvé avait affirmé que juste avant l'élection d'avril 2003, des ministères sous l'administration péquiste s'étaient engagés à verser une subvention pour la réfection de l'église unie St. James _ un projet auquel travaillait sa firme LM Sauvé.

Or, après le renversement du gouvernement péquiste et l'élection des libéraux, M. Sauvé avait eu vent du fait que les subventions risquaient d'être reconsidérées. La mode était alors aux partenariats public-privé (PPP) et aux restrictions budgétaires.

M. Sauvé, qui craignait que les subventions ne soient pas versées, s'était fait conseiller par la firme de communications BCP de se rapprocher du gouvernement libéral, avait-il témoigné. L'homme d'affaires avait soutenu que c'est sur ces conseils de BCP qu'il avait participé activement à un cocktail de financement du libéral Jean-Marc Fournier, à l'automne 2003, en apportant lui-même un chèque de contribution au parti et en appelant lui-même entre 15 et 17 personnes pour qu'elles viennent au cocktail et y apportent leur contribution.

Par son contre-interrogatoire, Me Décary a tenté de faire dire au témoin qu'il n'y avait pas de lien entre sa participation active à des activités de financement du PLQ et le fait que le projet de réfection de l'église St. James ait bel et bien reçu sa subvention, malgré le fait que des doutes aient d'abord été soulevés à ce sujet _ notamment par M. Fournier lui-même, qui lui avait dit ne disposer que de 300 000 $ pour l'ensemble des églises de la région métropolitaine, avait rapporté M. Sauvé.

Me Décary a fait confirmer par M. Sauvé le fait qu'il avait aussi rencontré des fonctionnaires municipaux et provinciaux pour vanter le projet de réfection de l'église et que ce projet était cher aussi au maire de Montréal de l'époque. Il lui a aussi fait dire qu'il avait présenté le même projet sous un nouveau jour, comme un PPP, un angle favorisé par le gouvernement libéral d'alors.

Me Décary a laissé entendre que les frais de traiteur du cocktail de financement de M. Fournier au restaurant Newtown, de 3842 $, avaient été payés par le Parti libéral du Québec, selon le registre comptable du parti. M. Sauvé n'avait cependant pas affirmé que c'est lui qui avait défrayé ces coûts; il avait affirmé avoir recruté entre 15 et 17 personnes _ des fournisseurs et des employés de LM Sauvé _ pour ce cocktail et y avoir apporté son chèque.

L'avocat du PLQ a aussi tenté de faire dire au témoin qu'il était faux de prétendre qu'il avait rencontré l'ex-ministre Fournier à son bureau de la Tour de la Bourse, à Montréal, comme il l'avait affirmé lors de son témoignage, mais M. Sauvé a maintenu sa version des faits.

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