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À l'ONU, Obama tend la main à Téhéran mais réclame des «actes»

24/09/2013 01:18 EDT | Actualisé 24/11/2013 05:12 EST
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NEW YORK (AFP) - Barack Obama a accepté mardi d'essayer de résoudre la crise nucléaire iranienne par la voie diplomatique, prenant note du changement de ton de son nouvel homologue Hassan Rohani mais réclamant des "actes transparents et vérifiables".

A la tribune de l'assemblée générale des Nations unies, qui a débuté mardi matin à New York, le président des Etats-Unis a estimé que M. Rohani, récemment investi, avait reçu un "mandat pour suivre un chemin plus modéré" que son prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

M. Rohani, qui était attendu devant les délégués en fin d'après-midi, a adopté un ton conciliant envers l'Occident et appelé au dialogue pour résoudre les contentieux dont le plus brûlant réside dans le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis et leurs alliés soupçonnent le programme nucléaire iranien d'avoir des visées militaires, ce que Téhéran dément. Mardi, une nouvelle fois, M. Obama a prévenu que son pays était déterminé à empêcher Téhéran de développer une arme atomique.

Alors qu'une réunion est prévue jeudi à New York sur ce dossier entre le nouveau ministre des Affaires étrangères iranien et ses homologues des grandes puissances, M. Obama a reconnu que "les blocages pourraient s'avérer trop difficiles à surmonter". "Mais je suis convaincu qu'il faut essayer la voie diplomatique", a-t-il aussitôt ajouté.

En cas de succès, il a laissé entrevoir "une relation différente, fondée sur les intérêts et le respect mutuels" entre les Etats-Unis et l'Iran, qui n'ont plus de liens diplomatiques depuis un tiers de siècle. Mais "les mots conciliants devront être accompagnés d'actes transparents et vérifiables", a-t-il aussi mis en garde.

Violentes critiques de Rousseff

Le président français François Hollande, également attendu à la tribune mardi, a prévu de s'entretenir avec son nouvel homologue iranien. Le rendez-vous est très attendu tant les contacts à ce niveau entre l'Iran et l'Occident sont rares depuis la révolution islamique de 1979.

"Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire", mais les interlocuteurs de l'Iran doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne", a écrit mardi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur son compte Twitter.

Lundi, la Maison Blanche n'a en outre pas exclu une entrevue historique entre MM. Obama et Rohani, en prenant toutefois soin de préciser qu'elle n'était pas programmée. Si M. Rohani lui-même a dernièrement jugé possible de voir son homologue américain, la porte-parole de la diplomatie iranienne a expliqué mardi à Téhéran qu'une telle rencontre n'était "pas à l'ordre du jour".

Les deux dirigeants pourraient se retrouver dans la même salle mardi midi, parmi des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, lors d'un déjeuner organisé sous les auspices du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Ce dernier, en ouvrant la 68e assemblée générale de l'organisation, a appelé "tous les pays" à cesser d'alimenter "l'effusion de sang" en Syrie et à mettre fin à la fourniture d'armes à toutes les parties. Il a aussi lancé un appel à l'aide pour faire face à la situation chaotique en Centrafrique, affirmant que les contributions avaient jusqu'ici été "désespérément insuffisantes".

Dans un discours essentiellement consacré au Moyen-Orient, M. Obama est aussi revenu sur le dossier syrien, en réclamant une résolution "ferme" du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'élimination des armes chimiques dans ce pays, avec des "conséquences" pour le régime de Bachar al-Assad s'il ne tient pas parole.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé possible qu'une résolution de l'ONU encadrant ce désarmement aboutisse dès cette semaine, malgré de fortes objections de Moscou. M. Kerry devait d'ailleurs rencontrer mardi son homologue russe Sergueï Lavrov à New York pour évoquer ce dossier.

Juste avant l'intervention de M. Obama, son homologue brésilienne Dilma Rousseff a consacré une grande partie de son intervention à dénoncer - avec virulence - le programme américain de surveillance des communications, affirmant qu'il était "intenable" et violait le droit international.

Mme Rousseff a récemment reporté une visite d'Etat à Washington pour protester contre les opérations de l'agence de renseignement NSA.

M. Obama a pris acte dans son propre discours de ce dossier qui a mis son administration sur la défensive, en assurant que les Etats-Unis avaient "commencé à revoir la manière dont (ils recueillent) des renseignements de façon à trouver un équilibre entre les préoccupations légitimes de sécurité de nos citoyens et alliés et les inquiétudes sur le droit à la vie privée".