NOUVELLES

L'itinérance est en augmentation chez les 55 ans et plus

23/09/2013 05:22 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

Les personnes âgées sont plus nombreuses que jamais à sombrer dans l'itinérance, une tendance observée depuis quelques années par les organismes d'aide aux sans-abri.

Au PAS de la rue, le taux de fréquentation du centre par les personnes âgées de 55 ans et plus a bondi de plus de 50 % depuis le milieu des années 2000, a indiqué le directeur de l'établissement, Sébastien Payeur, en entrevue lundi avec La Presse Canadienne. Même scénario au sein d'autres organisations du genre, dont l'Auberge Madeleine, où le taux des femmes itinérantes accueillies est passé de 10 % à 38 %, de 2001 à 2012.

Être considérée comme une personne âgée est une notion toute relative, mais cette vieillesse apparaît plus rapidement lorsqu'on vit dans la rue, affectant autant la santé physique que mentale.

« On parle de personnes qui peuvent n'avoir que 45 ans, jusqu'à environ 64 ans », a précisé M. Payeur.

En cause : la solitude, l'une des raisons les plus fréquentes de cette pauvreté extrême au Québec, de même que la santé défaillante et la difficulté d'accès au marché du travail, entre autres.

Le PAS de la rue, qui en est arrivé à ces conclusions au terme d'une enquête menée auprès de 80 aînés itinérants, dont 96 % sont des personnes seules, constate que les mêmes problèmes sont toujours aussi présents deux ans et demi après le début de la recherche, en 2011.

« Quand vous n'avez accès qu'à peu de mesures de soutien parce que vous êtes âgé entre 55 et 64 ans, que vous payez 450 $ pour une chambre à Montréal, il ne vous en reste pas beaucoup sur les 600 $ d'aide sociale. Là, ça dégringole rapidement », a expliqué M. Payeur.

Et les cas de figure sont aussi nombreux qu'ils sont différents. Si certains itinérants de 55 ans et plus sont dans la rue depuis déjà des années, d'autres s'y retrouvent même s'ils sont scolarisés.

« Plusieurs hommes et femmes, vu l'absence de protection sociale [non-accès au chômage, non-reconnaissance des accidents de travail, forte présence de travail autonome], ont épuisé leurs économies, drainant leurs capacités physiques et mentales », indique-t-on dans le rapport du PAS de la rue, publié lundi.

L'organisation plaide en faveur de l'instauration d'une série de mesures préventives pour freiner la spirale de l'itinérance, notamment en offrant plus d'emplois pour ces personnes dans l'économie sociale et le mouvement coopératif, ainsi qu'en favorisant l'accès aux logements sociaux.

« C'est important d'aider ceux qui ont dégringolé tout en bas et il faut intervenir pour les rattraper, mais il faut aussi des mesures pour aider à la prévention et éviter que des personnes se retrouvent aussi pauvres à 55 ans », a affirmé M. Payeur.

Encouragé par la présence de nombreux élus et acteurs du milieu institutionnel à la conférence de presse de lundi, dont les députées Marguerite Blais et Hélène Laverdière, M. Payeur se dit persuadé que son message sera bel et bien entendu par les autorités.

« Je m'assoirai avec tous nos élus et les pistes de solution que nous proposons pourront faire leur petit bonhomme de chemin pour que, bon an mal an, nous instaurions des filets supplémentaires plutôt que des filets destinés seulement à ceux qui sont en fin de course dans la spirale de l'itinérance », a-t-il affirmé.

La Presse Canadienne

PLUS:rc