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Kenya: les forces de l'ordre auraient repris le contrôle du centre commercial

23/09/2013 06:48 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

NAIROBI, Kenya - Les forces de l'ordre kenyanes en étaient aux dernières étapes de leur opération contre des terroristes islamistes dans le centre commercial huppé de Westgate à Nairobi, a annoncé tard lundi le vice-président du pays, deux jours après que l'endroit eut été pris d'assaut par des miliciens d'al-Shabab, étroitement liés à al-Qaïda.

Au dire d'un autre responsable, il est peu probable que des otages soient toujours retenus à l'intérieur des bâtiments.

Toutefois, un expert, ayant des contacts avec des gens à l'intérieur du centre commercial, a affirmé qu'au moins 10 otages étaient encore prisonniers d'un groupe de terroristes.

D'autres déclarations laissant entrevoir une conclusion rapide de l'affaire avaient toutefois déjà été faites par des responsables kenyans, dimanche, et le siège s'est poursuivi pendant une journée supplémentaire. ll est impossible d'évaluer la véracité des déclaration.

La ministre des Affaires étrangères du pays, Amina Mohamed, a déclaré que deux ou trois Américains et un Britannique faisaient partie des attaquants. En entrevue à l'émission NewsHour de la chaîne PBS, elle a affrimé que les Américains, d'origine somalienne ou arabe, étaient âgés de 18 ou 19 ans.

Trois attaquants ont été tués lors des combats, lundi, ont mentionné des responsables, et 10 suspects ont été écroués. Onze soldats kenyans ont été blessés dans les fusillades. En soirée, les forces kenyanes disaient avoir repris l'avantage.

«Nous avons pris le contrôle de tous les étages. Nous ne sommes pas là pour donner des pâtisseries aux assaillants, mais pour en finir et les punir», a lancé sur Twitter l'inspecteur général de la police, le général David Kimaiyo.

Le ministre de l'Intérieur a quant à lui fait savoir que l'évacuation des otages «avait très, très bien été» et que des responsables étaient «sûrs» qu'il ne restait que quelques otages à l'intérieur, voire plus un seul.

Le ministre Joseph Ole Lenku a révisé le bilan à 62 morts. Les dirigeants kenyans avaient tout d'abord évoqué 59 victimes, tandis que la Croix-Rouge parlait de 68 morts. L'organisation humanitaire a plus tard envoyé sur Twitter un message réduisant le bilan à 62 morts et expliquant que certains corps avaient été comptés deux fois.

Des colonnes de fumée noire se sont élevées du centre commercial pendant plus d'une heure après quatre puissantes explosions. Un individu au fait des opérations de secours a expliqué que la fumée s'échappait d'un puits de lumière au-dessus du principal magasin du centre, où des matelas avaient été incendiés.

Des témoins ont rapporté qu'une femme faisait partie du groupe de 10 à 15 attaquants. M. Lenku a plutôt affirmé que certains terroristes mâles s'étaient déguisés en femmes.

Les quatre déflagrations ont été suivies de rafales de tirs, puis d'une épaisse colonne de fumée noire qui a flotté pendant environ 90 minutes. Des hélicoptères de la police et de l'armée ont survolé le centre commercial, donnant au quartier chic l'air d'une zone de guerre.

Le chef d'état-major du Kenya, le général Julius Karangi, a indiqué que des combattants provenant de plusieurs pays ont participé à cette attaque revendiquée par Al-Shabab.

«Nous avons une bonne idée de qui ils sont, a-t-il déclaré. Il s'agit clairement d'une collection multinationale provenant de partout dans le monde.»

Des Kenyans et des étrangers comptent parmi les victimes; celles-ci proviendraient ainsi du Canada, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Inde, du Ghana, de l'Afrique du Sud et de la Chine.

En Somalie, un porte-parole d'al-Shabab, Sheik Ali Mohamoud Rage, a prévenu que les attaquants avaient reçu l'ordre de prendre des mesures punitives contre les otages si les autorités tentaient de les secourir par la force.

Au centre Oshwal, à côté du centre commercial, la Croix-Rouge utilisait une structure de béton qui abrite un temple hindou comme centre de triage. Des secouristes s'occupaient d'au moins deux soldats kenyans blessés à cet endroit, lundi.

Des membres d'al-Shabab avaient prévenu sur Twitter, dimanche, que la présence des hélicoptères kenyans mettait en péril la vie des otages.

Plus de deux jours après le début de la crise, des images tournées par quelqu'un à l'intérieur du centre ont fait surface. On y voit des victimes apeurées allongées sur le sol pendant que de longs échanges de tirs retentissent.

Al-Shabab a fait savoir que l'attaque, qui ciblait les non-musulmans, visait à riposter aux opérations des troupes kenyanes en sol somalien voisin, en 2011.

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