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Fairfax offre de racheter BlackBerry pour 4,7 milliards$

23/09/2013 01:42 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST
Reuters

TORONTO _ La prise de contrôle de BlackBerry par son plus grand actionnaire, une transaction de plusieurs milliards de dollars, est loin d'être chose faite et pourrait toujours se heurter à plusieurs obstacles, ont indiqué lundi des analystes familiers avec le fabricant de téléphones intelligents.

La société de Waterloo, en Ontario, a annoncé lundi avoir signé une entente qui prévoit sa vente à un consortium dirigé par la firme d'investissement canadienne Fairfax Financial dans le cadre d'une transaction évaluée à 4,7 milliards $ US.

Mais selon l'analyste Mike Genovese, de MKM Partners, cette acquisition est surtout l'histoire d'une firme d'investisseurs privés qui tentent de sauver leur investissement alors que quasiment personne d'autre ne s'y intéresse.

Pour M. Genovese, si BlackBerry (TSX:BB) avait eu de sérieux courtisans, Fairfax n'aurait jamais fait d'effort pour obtenir cette transaction, dont un des objectifs est de stabiliser le cours de l'action de BlackBerry, qui ne cessait de s'éroder.

L'analyste Troy Crandall, de la firme montréalaise MacDougall, MacDougall and MacTier, juge pour sa part que l'entente est positive pour les actionnaires puisqu'elle soulage "l'incertitude et la volatilité".

Le prix de 9 $ US par action offert par Fairfax est supérieur à la valeur récente de BlackBerry sur les marchés boursiers. La société a annoncé vendredi qu'elle supprimerait environ 40 pour cent de son effectif mondial, soit environ 4500 emplois, et qu'elle inscrirait à ses comptes une dépréciation de près d'un milliard $.

En vertu de l'entente, le consortium mettrait la main sur toutes les actions en circulation de BlackBerry qu'elle ne détient pas déjà. Fairfax détient déjà environ 10 pour cent de la société.

"Nous croyons que cette transaction sera le début d'un nouveau chapitre privé pour BlackBerry, pour ses clients, pour ses fournisseurs de service et pour ses employés", a affirmé dans un communiqué le président et chef de la direction de Fairfax, Prem Watsa.

"Nous pouvons livrer immédiatement de la valeur aux actionnaires, tout en poursuivant l'exécution d'une stratégie à long terme au sein d'une société privée qui se consacre à livrer des solutions d'entreprises supérieures et sécuritaires aux clients de BlackBerry à travers le monde."

Le conseil d'administration de BlackBerry a approuvé les détails de la lettre d'entente.

L'action de BlackBerry a clôturé la séance de lundi au même point que vendredi dernier à la Bourse de Toronto, à 9,08 $. Sur le Nasdaq, le titre a gagné 9 cents US à 8,82 $ US.

Le consortium de Fairfax devrait compléter sa vérification au préalable d'ici le 4 novembre. D'ici là, BlackBerry a le droit de solliciter activement et d'évaluer des offres rivales.

Le long déclin de BlackBerry

- 1999: sortie du premier BlackBerry, appareil mobile de transmission de données par radio, réalisé par la société canadienne Research in Motion (RIM).

- 2001: premier smartphone BlackBerry avec voix et données s'appuyant sur les normes GSM et GPRS.

La même année, la société RIM est poursuivie pour violation de brevet, un épisode qui sera soldé quelques années plus tard par un accord à l'amiable avec les autorités américaines.

- 20 juillet 2007: l'action RIM atteint son plus haut, à 230 dollars, à la Bourse, où elle est entrée à la fin des années 90.

- Octobre 2007: Le BlackBerry compte plus de 10 millions d'abonnés, quelques mois après le lancement du premier iPhone d'Apple.

- Février 2009: Premiers nuages avec des prévisions de résultats trimestriels décevantes même si la barre des 50 millions d'abonnés est franchie. L'action dégringole de plus de 16% le 11 février, mais le 16, le groupe annonce encore des milliers d'embauches.

- Juillet 2011: L'iPhone d'Apple dépasse le BlackBerry aux Etats-Unis en nombre d'utilisateurs. RIM annonce la suppression d'environ 2.000 emplois, soit 11% de ses effectifs.

- Octobre 2011: Plusieurs jours de pannes majeures touchent des millions d'utilisateurs en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Inde, au Brésil, au Chili et en Argentine.

Entre janvier et fin octobre, l'action perd près des deux-tiers de sa valeur.

- Novembre 2011: Nouvelles pannes et les réceptions sont retardées pour beaucoup d'abonnés au BlackBerry.

- Janvier 2012: Les deux fondateurs et co-PDG, Jim Balsillie et Mike Lazaridis, démissionnent.

- Mars 2012: Le groupe RIM annonce des pertes pour le quatrième trimestre de son exercice 2011/12. Le nouveau patron Thorsten Heins annonce une "révision globale" de la stratégie, envisageant des partenariats ou ventes de brevets, voire une cession pure et simple du groupe qui compte désormais 77 millions d'abonnés.

- 29 Mai 2012: Nouvelle déconvenue avec des pertes, et le lancement d'un plan d'économies portant sur un milliard de dollars avant fin 2013 avec des suppressions de postes. L'action chute encore en Bourse, à un peu plus de 10 dollars.

- 1er Novembre 2012: Le Pentagone rompt son contrat exclusif avec RIM.

- 30 Janvier 2013: Lancement de BlackBerry Z10, censé être le smartphone qui va sortir BlackBerry de ses difficultés, RIM prend le nom de BlackBerry.

- Avril 2013: Le nouvel appareil n'évite pas au groupe de glisser au 4e rang des systèmes d'exploitation installés dans des téléphones derrière les système Android, Apple et Microsoft.

- 12 août 2013: BlackBerry met en place un comité spécial chargé d'étudier une éventuelle cession à un tiers.

- 20 septembre 2013: Le groupe annonce la suppression de 4.500 emplois, soit 40% de ses effectifs.

- 23 septembre 2013: annonce d'une proposition d'achat, soutenue par le Conseil d'administration, par un groupe d'investisseurs emmené par le premier actionnaire, le canadien Fairfax.

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