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Fairfax Financial offre de racheter BlackBerry pour 4,7 milliards $

23/09/2013 01:37 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

TORONTO - La prise de contrôle de BlackBerry par son plus grand actionnaire, une transaction de plusieurs milliards de dollars, est loin d'être chose faite et pourrait toujours se heurter à plusieurs obstacles, ont indiqué lundi des analystes familiers avec le fabricant de téléphones intelligents.

La société de Waterloo, en Ontario, a annoncé lundi avoir signé une entente qui prévoit sa vente à un consortium dirigé par la firme d'investissement canadienne Fairfax Financial dans le cadre d'une transaction évaluée à 4,7 milliards $ US.

Mais selon l'analyste Mike Genovese, de MKM Partners, cette acquisition est surtout l'histoire d'une firme qui tente de sauver son investissement alors que quasiment personne d'autre ne s'y intéresse.

Pour M. Genovese, si BlackBerry (TSX:BB) avait eu de sérieux courtisans, Fairfax n'aurait jamais fait d'effort pour obtenir cette transaction, dont un des objectifs est de stabiliser le cours de l'action de BlackBerry, qui ne cessait de s'éroder.

L'analyste Troy Crandall, de la firme montréalaise MacDougall, MacDougall and MacTier, juge pour sa part que l'entente est positive pour les actionnaires puisqu'elle soulage «l'incertitude et la volatilité».

Le prix de 9 $ US par action offert par Fairfax est supérieur à la valeur récente de BlackBerry sur les marchés boursiers. La société a annoncé vendredi qu'elle supprimerait environ 40 pour cent de son effectif mondial, soit environ 4500 emplois, et qu'elle inscrirait à ses comptes une dépréciation de près d'un milliard $.

En vertu de l'entente, le consortium mettrait la main sur toutes les actions en circulation de BlackBerry qu'elle ne détient pas déjà. Fairfax détient déjà environ 10 pour cent de la société.

«Nous croyons que cette transaction sera le début d'un nouveau chapitre privé pour BlackBerry, pour ses clients, pour ses fournisseurs de service et pour ses employés», a affirmé dans un communiqué le président et chef de la direction de Fairfax, Prem Watsa.

«Nous pouvons livrer immédiatement de la valeur aux actionnaires, tout en poursuivant l'exécution d'une stratégie à long terme au sein d'une société privée qui se consacre à livrer des solutions d'entreprises supérieures et sécuritaires aux clients de BlackBerry à travers le monde.»

Le conseil d'administration de BlackBerry a approuvé les détails de la lettre d'entente.

L'action de BlackBerry a clôturé la séance de lundi au même point que vendredi dernier à la Bourse de Toronto, à 9,08 $. Sur le Nasdaq, le titre a gagné 9 cents US à 8,82 $ US.

Le consortium de Fairfax devrait compléter sa vérification au préalable d'ici le 4 novembre. D'ici là, BlackBerry a le droit de solliciter activement et d'évaluer des offres rivales.

Si jamais BlackBerry devait s'entendre avec un autre acheteur dans certaines circonstances, elle devrait verser des frais de résiliation d'au moins 30 cents par action, soit environ 157 millions $. Cette pénalité pourrait atteindre 50 cents par action, soit environ 262 millions $, si cette nouvelle offre devait survenir alors que BlackBerry aura signé une entente définitive avec le consortium dirigé par Fairfax.

Le quotidien New York Times rapportait ce week-end, en citant des sources, que le cofondateur de BlackBerry Mike Lazaridis, qui a quitté son poste de cochef de la direction en 2011, aurait approché deux firmes de placement privé américaines dans le but de présenter une éventuelle offre d'achat.

«Le comité spécial est à la recherche de la meilleure option pour les diverses parties de la société, incluant pour les actionnaires», a indiqué la présidente du conseil de BlackBerry, Barbara Stymiest.

«Il est important de noter que le processus nous donne l'occasion de déterminer s'il existe des alternatives supérieures à la proposition actuelle du consortium de Fairfax.»

L'action de BlackBerry s'échangeait ces derniers temps à moins de la moitié de son cours de janvier, soit avant le lancement de ses premiers téléphones intelligents fonctionnant sous le nouveau système d'exploitation BlackBerry 10.

Cependant, le lancement de BB10 n'a pas eu le succès escompté et les nouveaux appareils n'ont pas su attirer l'attention des consommateurs.

La société a annoncé vendredi qu'elle prévoyait inscrire une charge de dépréciation de jusqu'à 960 millions $ US à ses résultats du deuxième trimestre, principalement en raison des faibles ventes de ses appareils à écran tactile BlackBerry Z10.

Elle inscrira en outre une charge de restructuration de 72 millions $ US liée à divers changements dans ses activités, lesquels comprennent de précédentes mises à pied.

BlackBerry s'attend à afficher une perte de 950 à 995 millions $ US lorsqu'elle dévoilera ses résultats financiers, vendredi prochain. Elle projette aussi que ses ventes se chiffreront à 1,6 milliard $ US, soit bien moins que celles d'environ trois milliards $ US attendues en moyenne par les analystes.

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