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Enquête Ashley Smith: l'adjointe de la prison n'apporte pas de réponses

23/09/2013 08:39 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST

TORONTO - Une haute responsable de la prison dans laquelle la jeune Ashley Smith s'est étouffée à mort pendant que des gardiens observaient la scène a dit mardi qu'elle n'était pas au courant de quelque ordre que ce soit obligeant les gardes à demeurer à l'extérieur de la cellule de la détenue pendant aussi longtemps qu'elle respirait.

Témoignant dans le cadre de l'enquête sur la mort de Mme Smith, la directrice adjointe Nicki Smith a également dit qu'elle ne se rappelait pas s'être fait directement réclamer des indications dans ce dossier de la part des intervenants de première ligne.

Mme Smith occupait déjà son poste lorsqu'Ashley Smith a été transférée dans l'Établissement pour femmes Grand Valley, près de Kitchener en Ontario, au printemps 2007.

La détenue victime de problèmes, qui avait tendance à s'automutiler, est décédée à l'âge de 19 ans dans sa cellule en isolement, en octobre 2007.

L'enquête a appris de la part des gardiens que les hauts responsables de la prison leur avaient ordonné de demeurer à l'extérieur de la cellule d'Ashley Smith si elle respirait encore, puisqu'ils croyaient que la jeune femme ne faisait que simuler.

Nicki Smith n'a résolu qu'une bien petite part du mystère.

Elle a assuré que les ordres donnés aux gardiens n'avaient jamais changé, et qu'elle n'était pas au courant d'une action disciplinaire qui serait prise contre ceux-ci s'ils entraient prématurément dans la cellule de la jeune femme.

Des rapports internes indiquent que les agents correctionnels ont agi immédiatement pour enlever les ligatures bloquant le cou d'Ashley Smith, ou qu'ils ont attendu alors que son visage virait au pourpre et qu'elle éprouvait de la difficulté à respirer.

Nicki Smith a insisté sur le fait que les intervenants de première ligne étaient en charge de décider de l'instant où intervenir.

«Le personnel est hautement qualifié, extrêmement professionnel», a déclaré Mme Smith lors de l'enquête.

Elle a fréquemment répondu, lors de l'audience, qu'elle ne pouvait se rappeler des incidents spécifiques ou des discussions institutionnelles à propos du comportement erratique d'Ashley Smith.

L'avocat de la famille de la défunte détenue, Julian Roy, s'est moqué des blancs de mémoire, notant que le témoin avait dit, à plus de 80 reprises, qu'elle ne pouvait se souvenir de quelque chose.

Nicki Smith a imputé ses trous de mémoire à son âge. Elle est sexagénaire.

À l'époque où Ashley Smith était détenue dans la prison ontarienne, Nicki Smith a dit avoir examiné une dizaine de rapports concernant des cas d'utilisation de la force contre la jeune femme.

Elle n'a jamais considéré ces usages de la force comme étant inappropriés, mais ses examens ont identifié plusieurs problèmes techniques, comme l'usage inapproprié d'une caméra vidéo pour documenter les incidents.

La directrice Smith dit croire que l'établissement carcéral a agi correctement, et ne changerait rien à la procédure d'intervention.

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