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Le nombre de signalements à la DPJ augmente, mais la raison n'est pas évidente

23/09/2013 01:29 EDT | Actualisé 23/11/2013 05:12 EST
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MONTRÉAL - Le nombre de signalements d'enfants reçus par les Directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) au Québec a augmenté de 4 pour cent en 2012-2013 pour atteindre 80 540, ce qui représente une moyenne de 221 signalements par jour.

Les directeurs et directrices ont rendu public, lundi, le bilan de leurs actions pour l'année 2012-2013.

Bien qu'inquiétants à première vue, ces chiffres doivent cependant être nuancés. Ainsi, alors que le nombre total de signalements était en hausse, le nombre de signalements retenus pour une intervention, lui, était en baisse de 2 pour cent.

La directrice du Centre jeunesse de Montréal, Michelle Dionne, a évoqué en conférence de presse la possibilité que l'augmentation au fil des ans puisse être imputable, du moins en partie, aux importants efforts de sensibilisation.

«On a souvent lancé un appel à l'engagement individuel pour poser un geste et protéger un enfant. On peut penser que le message a porté fruit et, dans ce sens-là, il y a des enfants qui, avant, vivaient leur détresse en silence dans un coin, alors qu'aujourd'hui, ces enfants-là nous sont davantage signalés», a-t-elle fait valoir.

Que les situations de détresse soient davantage signalées est certes une bonne chose, mais Mme Dionne précise que cela ne devrait en aucun cas occulter les données dans leur ensemble.

«Dans un monde idéal, si on se permet de rêver, il faudrait diminuer le nombre d'enfants en détresse. Et quand il y a un signalement, ça veut dire qu'il y a quelqu'un qui voit un enfant en détresse; et c'est sûr qu'au Québec il y a encore beaucoup trop d'enfants en détresse», a-t-elle dit.

Les directeurs reconnaissent par ailleurs que les compressions budgétaires des dernières années les obligent à composer avec des moyens réduits.

«La pression augmente, il y a un achalandage qui augmente et, de fait, avec les coupures budgétaires, l'optimisation qu'on doit faire, on a des enjeux qu'il faut regarder de près parce qu'il n'est pas question de laisser des enfants en besoin de protection sans réponse», a précisé Mme Dionne.

Cette «optimisation» implique des choix, a renchéri sa collègue Maryse Davreux, directrice de la protection de la jeunesse en Montérégie.

«Nous étions l'une des régions qui avait une grosse liste d'attente, et nous avons priorisé. Nous priorisons à travers l'établissement, mais nous priorisons sur la liste d'attente. C'est certain qu'un bébé ou un jeune enfant va être priorisé avant un adolescent de 17 ans. Il y a une gestion du risque qui se fait», a-t-elle dit.

La négligence et le risque de négligence de même que l'abus physique et le risque d'abus physique sont les premières causes de signalement d'enfants. Viennent ensuite les mauvais traitements psychologiques, les troubles de comportement sérieux. L'abus sexuel (5,7 pour cent) et le risque sérieux d'abus sexuel (4,5 pour cent) représentent, ensemble, un cas sur dix.

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