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Législatives allemandes : victoire de Merkel

22/09/2013 12:11 EDT | Actualisé 22/11/2013 05:12 EST

Angela Merkel est assurée d'un troisième mandat de chancelière en Allemagne à l'issue des élections législatives largement remportées dimanche par son parti chrétien-démocrate.

Mme Merkel pourrait cependant être dans l'incapacité de former de nouveau une coalition avec le Parti libéral (FDP). Ce dernier n'atteindrait pas le seuil de 5 % requis pour rester au parlement, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes.

D'après l'enquête diffusée par la chaîne de télévision ARD, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'Union chrétienne-sociale (CSU), son alliée bavaroise, ont remporté 42 % des voix, leur plus gros score depuis 1990.

Le FDP est crédité par le même sondage de 4,7 % des voix. Le parti anti-euro Alternative pour l'Allemagne recueillerait 4,9 % des voix, ce qui le priverait également de justesse d'une entrée au Bundestag, la chambre basse du parlement.

Les sociaux-démocrates (SPD) obtiennent 26 % des voix, les verts 8 % et le parti de gauche Die Linke 8,5 % des voix, selon les médias allemands.

La formation d'une « grande coalition » avec les sociaux-démocrates (SPD) ne serait pas pour déplaire à certains de ses partenaires européens, qui aimeraient voir la chancelière assouplir sa position à l'égard des États membres malmenés par la crise, tels que la Grèce.

Un changement de cap radical semble toutefois exclu, puisque Peer Steinbrück, son rival du SPD dont la campagne a été émaillée de plusieurs gaffes retentissantes, est d'accord sur l'essentiel avec la chancelière, qu'il taxe toutefois d'indécision.

Sur les 62 millions d'Allemands étaient appelés aux urnes.

Avant même l'ouverture des bureaux de vote, la chancelière, dont le combat acharné pour la défense des intérêts allemands pendant la crise lui vaut plus 60 % d'opinions favorables, paraissait pratiquement assurée d'être reconduite à la tête du gouvernement.

Depuis l'arrivée aux affaires de cette fille de pasteur est-allemand âgée de 59 ans en 2005, l'économie prospère et le chômage recule.

Son approche « pas à pas », qui irrite parfois à l'étranger, a en revanche séduit de nombreux Allemands, qui la surnomment « Mutti » (Maman).

Quelle coalition?

Rien ne garantissait toutefois la reconduction de la coalition au pouvoir depuis quatre ans. De 14,6 % des voix en 2009, les libéraux du FDP, alliés naturels de la CDU-CSU, sont tombés à 5 % dans les intentions de vote.

Si le scrutin confirme cette chute libre, Angela Merkel sera contrainte de se tourner vers le SPD, avec lequel elle a déjà cohabité de 2005 à 2009. L'expérience s'est soldée par un net recul électoral de la formation de centre gauche, dont certains membres sont désormais très hostiles à une nouvelle coalition.

Si ce scénario se concrétise, le SPD pourrait exiger des postes clés tels que le ministère des Finances et faire adopter quelques points forts de leur programme, tels que l'instauration d'un salaire minimum et une hausse de la fiscalité pour les plus hauts revenus.

« Ce sera les négociations les plus difficiles que nous ayons jamais vues », prédit le politologue Franck Decker, de l'Université de Bonn.

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