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Les promoteurs immobiliers ont les yeux rivés sur plusieurs terrains de golf

22/09/2013 12:01 EDT | Actualisé 22/11/2013 05:12 EST
Getty

MONTRÉAL - À la recherche de terrains qui sont toujours plus rares en milieu urbain, les promoteurs immobiliers semblent avoir de plus en plus les yeux rivés sur certains terrains de golf pour espérer dénicher de nouveaux endroits où construire.

Au cours de la dernière décennie, plusieurs des quelque 320 propriétaires de clubs de golf de la province qui se trouvent dans une situation financière précaire ont décidé de vendre une parcelle ou l'ensemble de leur terrain pour faire place à des unités de logement.

«Il y en a qui sont en train de réfléchir à l'avenir de leur terrain, confirme en entrevue le directeur général de l'Association des directeurs généraux de clubs de golf du Québec, Michel Lafrenière.

«Ceux qui n'en font pas (de l'argent) reçoivent des offres, surtout pour tourner cela en développement domiciliaire.»

Dans la région de Montréal, dans l'arrondissement Saint-Laurent, le terrain de neuf trous Challenger, qui était un 18 trous au début des années 2000, a notamment été vendu à un promoteur, il y a environ deux ans. Depuis la construction de quelque 1000 unités a débuté.

A Lachine, le promoteur et propriétaire du golf Meadowbrook a déposé une demande de permis auprès de l’arrondissement pour un projet qui impliquerait la construction de 1500 nouvelles unités résidentielles sur 26 hectares de terrain.

La Ville avait cependant rejeté cette demande, ce qui fait en sorte que le golf est toujours ouvert, du moins, pour l'instant.

Questionné à savoir si la rareté des terrains en milieu urbain contribue à accentuer le phénomène, M. Lafrenière répond de façon sans équivoque: «Et voilà!», s'exclame-t-il.

«Est-ce qu'il y a quelque chose de plus beau qu'un terrain de golf? (pour du développement immobilier), souligne le directeur général de l'Association. Avec les arbres et le gazon, c'est déjà défriché. C'est déjà dans un site enchanteur.»

M. Lafrenière a également souligné que plusieurs terrains de golf situés en milieu urbain ont pris de la valeur au cours des dernières années, ce qui incite plusieurs propriétaires à réfléchir sérieusement aux offres qu'ils reçoivent des promoteurs immobiliers.

Des conversions plus difficiles

Toutefois, la vente d'une partie ou de l'ensemble du terrain d'un club de golf à des fins de développement immobilier n'est pas sans créer des tensions avec certains citoyens du secteur qui borde le golf en question.

C'est notamment le cas à Saint-Bruno, où les résidants du secteur craignent notamment une augmentation de la circulation automobile lorsque la moitié du club de golf Le Riviera, qui chevauche les villes de Saint-Bruno et de Carignan fera place à un important projet immobilier.

La Ville de Carignan a dû présenter deux études, dont une sur la circulation, afin de mousser son projet.

Dans d'autres cas, c'est le sort réservé aux espaces verts qui suscitent des préoccupations au sein de la population locale, comme dans le cas du projet immobilier sur le terrain de l'ancien Golf Val-Bélair, dans la région de Québec, où certains citoyens en ont contre le changement de vocation du terrain.

Une santé moins forte

Si une dizaine de terrains de golf ont changé de vocation au cours des dernières années, le directeur général de l'Association reconnaît qu'il y a actuellement beaucoup de terrains pour le nombre de joueurs.

Selon un portait de l'industrie du golf au Québec réalisé par l'Université du Québec à Montréal pour l'Association des terrains de golf du Québec, un peu plus d'un million de personnes étaient des adeptes de ce sport dans la province en 2010.

Le document note une faible augmentation de 0,8 pour cent du nombre de rondes jouées en 2010, à 8,77 millions, comparativement à 8,7 millions en 2007.

M. Lafrenière identifie un autre élément qui a changé la donne, à son avis.

«Les températures des dernières années ont joué un rôle majeur, observe M. Lafrenière. L'an passé il faisait trop chaud, et cette année ça été le contraire au début de la saison.»

«Plusieurs joueurs ne payent plus leurs cotisations tôt dans la saison, comme en décembre, dit-il. Maintenant, ils attendent au printemps, ce qui met une pression supplémentaire sur les terrains lorsque le printemps n'est pas très beau.»

De son côté, l'Association des terrains de golf du Québec a indiqué que les consommateurs sont plus avertis et exigeants en raison de l'offre de jeu.

«Les gestionnaires et propriétaires se demandent si ça vaut la peine d'investir dans leur terrain ou s'il vaut mieux tout simplement accepter l'offre d'un promoteur», résume sa directrice générale, France A. Martin.

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