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Kenya: les autorités militaires disent avoir secouru la plupart des otages

22/09/2013 05:34 EDT | Actualisé 22/11/2013 05:12 EST

NAIROBI, Kenya - Les autorités militaires du Kenya ont annoncé, tard dimanche, avoir secouru la plupart des otages qui étaient détenus par des militants d'al-Qaïda dans un centre commercial de Nairobi, à la suite d'une opération de grande envergure visant à mettre fin à un siège qui avait déjà coûté la vie à 68 personnes, dont deux Canadiens.

L'attaque a été lancée au crépuscule quand deux hélicoptères ont survolé l'édifice. Un des appareils a rasé le toit du centre. Une lourde explosion, plus forte qu'une grenade ou une rafale d'armes à feu, a été entendue.

Sur Twitter, les autorités policières du Kenya ont annoncé qu'un assaut «majeur» avait été déclenché pour mettre fin au sanglant siège. Elles ont également promis que la prise d'otages se terminerait en soirée.

Les forces de défense du Kenya ont plus tard annoncé avoir rescapé la plupart des otages et repris le contrôle du centre commercial. Les autorités n'ont pas précisé combien d'otages avaient été secourus, ni le nombre de personnes encore prisonnières. Quatre membres des forces militaires ont été blessés lors de l'opération, ont précisé les autorités.

L'assaut est survenu environ 30 heures après que de 10 à 15 militants du groupe extrémiste Al-Shabab eurent envahi le centre commercial par deux de ses flancs, samedi, lançant des grenades et faisant feu en direction de civils. Le bilan de l’attaque terroriste qui a commencé samedi fait aussi état de plus de 175 blessés, dont plusieurs enfants.

D'assourdissants échanges de coups de feu en provenance du centre commercial se sont fait entendre une bonne partie de la journée, dimanche. Des troupes kenyanes ont été vues transportant au moins deux grenades propulsées par fusée. Sur Twitter, des militants d'Al-Shabab ont réagi avec colère à la présence d'hélicoptères, et averti que les actions des troupes militaires mettaient en danger la vie des otages.

Deux Canadiens, dont la diplomate Annemarie Desloges, ont été tués dans cet attentat, revendiqué par le groupe extrémiste somalien Al-Shabab, affilié à al-Qaïda. Il dit avoir agi en guise de représailles contre la présence militaire kenyane en Somalie.

Le conjoint de Mme Desloges a été blessé, mais sa vie n'est pas en danger. Les autorités canadiennes n'ont pas encore précisé l'identité de l’autre victime canadienne. Annemarie Desloges, 29 ans, travaillait pour l’Agence des services frontaliers du Canada à Nairobi.

Les autorités du Kenya ont promis de faire tout en leur pouvoir pour sauver la vie des otages, mais aucun officiel ne pouvait préciser combien se trouvaient encore à l'intérieur. La Croix-Rouge kenyane, en s'appuyant sur des données de la police, a indiqué par voie de communiqué que 49 personnes étaient portées disparues. Des responsables n'ont pas établi de lien explicite, mais ce nombre pourrait former la base du total de gens retenus en otage.

«La priorité est de sauver le plus de vies possible», a déclaré le responsable Joseph Lenku, en tentant de rassurer les familles des otages dans le centre commercial huppé. Les forces kenyanes ont déjà libéré près de 1000 personnes, a-t-il dit.

Al-Shabab, un groupe armé affilié à Al-Qaïda s’est infiltré samedi au Westgate Mall, un centre commercial huppé de quatre étages, et ont encerclé un groupe de victimes. Selon Al-Shabab, les agresseurs auraient invité les fidèles de l’islam à se lever et à quitter les lieux, alors que les non-musulmans devaient rester.

Les rebelles ont fait savoir que l'attaque était en riposte à l'entrée, en 2011, des forces kenyanes en Somalie, et ont menacé de lancer d'autres attaques.

Dix des 15 attaquants sont toujours dans le centre commercial, et les forces kenyanes contrôlent les caméras de sécurité à l'intérieur du bâtiment, a dit M. Lenku. Un photographe de l'Associated Press dit avoir vu des soldats kenyans transporter à l'intérieur un lance-roquettes, une arme extrêmement lourde pour une situation de prise d'otages.

L'ex-premier ministre kenyan Raila Odinga a déclaré à des journalistes rassemblés au centre commercial qu'il avait appris que des responsables ne pouvaient déterminer le nombre exact des otages se trouvant à l'intérieur.

«Il y a encore plusieurs personnes toujours retenues en otage au troisième étage et dans le sous-sol où les terroristes sont toujours en contrôle», a dit M. Odinga.

Le bureau de la présidence kenyane a annoncé que l'un des assaillants avait été arrêté samedi et était mort de ses blessures par balle.

Des camions ont transporté un nouveau contingent de soldats kenyans, dimanche matin.

Le secrétaire du Foreign Office britannique William Hague a déclaré samedi soir que son gouvernement avait envoyé une équipe de déploiement rapide au Kenya pour offrir son aide.

Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les attaques et a «exprimé sa solidarité avec le peuple et le gouvernement du Kenya» par voie de communiqué.

De leur côté, des avocats du vice-président kenyan tentent d'obtenir un ajournement de son procès à la Cour pénale internationale pour qu'il puisse rentrer chez lui pour aider à gérer les retombées de l'attaque lancée contre le centre commercial.

Cette demande souligne la difficulté de William Ruto de subir son procès à La Haye tout en continuant d'aider à diriger son pays.

L'homme a plaidé non coupable à des accusations d'orchestration de la violence dans la foulée des élections kenyanes de 2007.

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