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Guinée: le dernier droit de la campagne électorale est marqué par la violence

22/09/2013 08:47 EDT | Actualisé 22/11/2013 05:12 EST

CONAKRY, Guinée - Les forces de sécurité ont dû recourir aux gaz lacrymogènes, dimanche, pour freiner des affrontements qui ont éclaté entre les partisans de l'opposition et ceux des partis dominants faisant campagne en Guinée dans le cadre d'élections législatives longuement attendues et chaudement disputées.

Les heurts sont intervenus au lendemain de la sortie d'un envoyé spécial des Nations unies qui a annoncé que le vote prévu pour mardi serait repoussé au 28 septembre en réaction aux inquiétudes de l'opposition par rapport, entre autres, à la liste électorale.

Selon un admirateur du président Alpha Condé, des partisans du régime étaient réunis dans le quartier Bambeto de Conakry, dimanche après-midi, quand des partisans de l'opposition enfourchant des motocyclettes se sont approchés et ont entraîné une confrontation.

Kaba Mamady a ajouté que les membres de son camp ne faisaient que danser et se rassembler quand les nouveaux venus sont arrivés et les ont provoqués.

Cependant, Gadirou Barry a une autre version des faits. Ce partisan de l'opposition soutient que les troubles ont commencé quand les pro-Condé ont lancé des pierres en direction des motocyclistes et ont mis le feu à un minibus.

M. Barry a avancé qu'une vingtaine de personnes ont été blessées mais son évaluation n'a pas été confirmée par les autorités.

Les plus récentes élections législatives en Guinée ont eu lieu il y a plus de dix ans. Un scrutin avait bien été prévu en 2007 mais, depuis ce temps, il y a eu de multiples délais.

Le pays ne peut donc pas compter sur une assemblée législative fonctionnelle et les ratés entourant les élections ont conduit à de violentes protestations.

Tard dimanche, des habitants de Bambeto et de quartiers avoisinants rapportaient que les policiers et les gendarmes utilisaient des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires qui s'introduisaient dans des véhicules en plus de brûler des pneus.

Un partisan du parti dominant a rapporté que les forces de l'ordre ont aussi eu recours à des moyens plus musclés et qu'il a aperçu au moins cinq personnes blessées à la tête.

Dore Morifing a ajouté que les représentants de l'ordre utilisaient des bâtons et des ceintures.

Les forces de sécurité ont également dressé des barrages routiers à plusieurs endroits.

Un communiqué présidentiel livré à la télévision d'État, dimanche soir, précisait que la campagne se poursuivrait jusqu'à minuit jeudi.

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