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Allemagne: réélue, Angela Merkel devra former un gouvernement de coalition

22/09/2013 11:37 EDT | Actualisé 22/11/2013 05:12 EST

BERLIN - La chancelière Angela Merkel a mené les conservateurs vers une éclatante victoire lors des élections allemandes dimanche, un triomphe personnel qui solidifie sa position à titre de personnalité politique la plus puissante en Europe. Mais elle devra se tourner vers ses rivaux de centre-gauche pour former un nouveau gouvernement après que ses partenaires de coalition eurent été exclus du Parlement.

L'Union chrétienne-démocrate allemande de Mme Merkel a réalisé son meilleur score en 23 ans, pour placer la chancelière sur la route d'un troisième mandat consécutif. Selon des résultats officiels, le parti de Mme Merkel a récolté 41,5 pour cent des suffrages exprimés.

Selon un décompte officiel, annoncé en milieu de nuit lundi, l'Union chrétienne-démocrate occupera 311 sièges au Parlement, comparativement à 192 pour le Parti social-démocrate, 64 pour la Gauche et 63 pour le Parti vert.

Mme Merkel a bénéficié d'une vibrante économie et d'un faible taux de chômage, des éléments qui lui ont permis de maintenir sa popularité à des niveaux inégalés — un contraste frappant avec la série de leaders qui ont perdu leur poste dans d'autres nations européennes depuis le début de la crise financière, il y a trois ans.

Angela Merkel, qui est chancelière depuis 2005 et qui a mené la charge dans ce dossier, a déclaré devant des partisans qu'il s'agissait «d'un superbe résultat».

La politicienne de 59 ans n'a pas voulu émettre d'hypothèse par rapport à la composition du prochain gouvernement. Elle a cependant été claire sur son avenir: elle a l'intention de se rendre jusqu'au terme de son mandat qui s'annonce chargé, si l'on se fie aux propos qu'elle a tenus lors d'une apparition télévisée.

«Je regarde les quatre années [qui se profilent] devant moi et je peux promettre que nous aurons à faire face à de multiples tâches à la maison, en Europe et même dans le monde.»

Malgré la marge victorieuse, la tâche de gouverner ne sera pas plus simple lors des quatre prochaines années pour la chancelière.

Le Parti libéral-démocrate, ses partenaires privilégiés, n'a récolté que 4,8 pour cent des suffrages exprimés, demeurant à court du plancher de 5 pour cent requis pour gagner des sièges au Parlement, une première pour ce parti dans l'histoire de l'après-guerre en Allemagne.

Tout indique que Mme Merkel dirigera une grande coalition avec les sociaux-démocrates de Peer Steinbrüeck— faisant revivre l'alliance de son premier mandat — ou, ce qui est moins probable, avec le Parti Vert, une formation environnementaliste.

Peu importe l'option privilégiée, de longues semaines de négociations semblent inévitables. Chacune des combinaisons possibles pourrait entraîner une approche légèrement plus modérée en lien avec la gestion de la crise de la dette européenne, mais aucun virage majeur ne semble envisageable.

«La balle est dans le camp de Mme Merkel, a déclaré M. Steinbrüeck. Elle doit obtenir une majorité.»

«Angela Merkel est plus puissante que jamais, également dans son parti», a souligné Manfred Guellner, principal dirigeant de l'agence de sondage Forsa.

«Mais gouverner ne sera pas un mandat facile car elle devra former une 'grande coalition', même si elle n'est qu'à quelques sièges d'une majorité absolue.»

Les sociaux-démocrates ont récolté 25,7 pour cent des voix — à peine meilleur que leur résultat de 23 pour cent il y a quatre ans — contre 8,4 pour cent pour les verts et 8,6 pour cent pour les gauchistes radicaux. Ce dernier parti rassemble entre autres d'anciens dirigeants communistes est-allemands, et les partis du centre-gauche ont affirmé ne pas vouloir former d'alliance avec lui.

Les questions européennes ont eu bien peu à voir dans la campagne allemande, qui fut dominée par les sujets nationaux, tels les appels du centre-gauche pour des hausses d'impôts pour les riches et l'instauration d'un salaire minimum national, ce que Mme Merkel a rejeté.

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