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Tunisie: les discussions bloquées depuis les assassinats de deux politiciens

21/09/2013 07:24 EDT | Actualisé 21/11/2013 05:12 EST

TUNIS, Tunisie - La crise politique provoquée par l'assassinat d'une figure importante de l'opposition s'est enlisée davantage samedi, après que le principal syndicat eut affirmé que des discussions avec le gouvernement islamiste ont échoué, semant le doute sur la capacité du pays à se sortir de plus de deux ans d'instabilité.

Houcine Abassi, le chef de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), un syndicat qui représente plus de 500 000 travailleurs, a affirmé que le gouvernement tardait à répondre aux demandes de démission et de mise en place d'une présidence par intérim non partisane.

Le syndicat, l'opposition, des avocats et défenseurs des droits humains soutiennent que l'incapacité du gouvernement à assurer la sécurité a mené au meurtre de deux membres de l'opposition, en juillet et en février.

Le parti Ennahda, qui dirige le pays, a affirmé être abasourdi par la déclaration de samedi.

La mort de Mohamed Brahmi, qui a été tiré devant sa famille le 25 juillet, a plongé la Tunisie dans la crise actuelle, qui provoque le départ de dizaines de députés, stoppant les efforts pour écrire une nouvelle constitution.

Des manifestations dans les rues et la paralysie politique ont entravé le pays.

En janvier 2011, des manifestants, inspirés par l'immolation d'un vendeur de fruits, ont renversé le gouvernement autoritaire en place depuis des décennies. Le soulèvement s'est répandu dans le monde arabe, notamment en Égypte, en Syrie et en Libye.

Jusqu'à maintenant, la Tunisie s'en est mieux tirée que les autres pays, devenant un exemple de coopération politique lorsqu'une coalition s'est formée entre le parti islamiste Ennahda et deux partis séculaires. Mais la fragile coalition n'a pas réussi à rétablir l'économie et à contrôler les extrémistes religieux, qu'elle soupçonne d'être responsables des deux assassinats. Les tueurs sont toujours en liberté.

Les tâches immédiates du gouvernement — écrire une constitution et préparer de nouvelles élections — ont à nouveau été mises en question dans l'annonce de samedi.

Dans un communiqué publié tard samedi, Ennahda a affirmé que la Tunisie avait grandement besoin d'une trêve politique. Le parti a aussi soutenu que ceux qui ont provoqué la dégradation de la situation devaient en prendre la responsabilité.

M. Abassi a affirmé que la porte était ouverte à de nouvelles négociations, bien qu'il accusait le gouvernement de «double-discours et manipulation».

L'opposition a accusé le parti Ennahda d'être trop tolérant à l'égard d'une montée de l'islamisme radical qui tend à vouloir instaurer la piété de façon violente. Avant le Printemps arabe de 2011, la Tunisie était reconnue comme un des pays les plus religieux du monde arabe.

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