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Deux Canadiens, dont une diplomate, sont des victimes de la tuerie au Kenya

21/09/2013 11:29 EDT | Actualisé 21/11/2013 05:12 EST

Le bureau du premier ministre Stephen Harper a confirmé samedi soir que deux Canadiens, dont la diplomate Annemarie Desloges, sont décédés dans l'attaque terroriste d'un centre commercial à Nairobi, au Kenya, qui a fait 39 morts et 150 blessés, selon les derniers bilans.

«Le Canada condamne avec la plus grande fermeté ce geste lâche et haîneux, qui visait apparemment d'innoncents civils qui faisaient simplement leurs emplettes», a déclaré M. Harper dans un communiqué de presse publié peu avant 19 h, samedi.

«Les attaques terroristes comme celle-ci visent à miner les valeurs et le mode de vie qui sont chers aux Canadiens, et elles réaffirment notre besoin de continuer à prendre des mesures vigoureuses pour protéger la sécurité des Canadiens où qu'ils soient dans le monde», a ajouté le premier ministre.

Dans son communiqué, Stephen Harper a offert «toute l'aide possible» aux autorités kenyanes «pour que les auteurs de cette attaque haineuse soient traduits en justice».

Dans un communiqué publié sur son site Internet, le ministère des Affaires étrangères du Canada a précisé que Mme Desloges était au service du gouvernement du Canada depuis 2008. Précédemment affectée à Delhi, Mme Desloges, qui était âgée de 29 ans, a travaillé au ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, ainsi qu'à l'Agence des services frontaliers du Canada à Nairobi au cours des deux dernières années.

«Partout dans le monde, les fonctionnaires canadiens servent notre pays avec abnégation et fierté. Comme Annemarie, ils le font parce qu’ils croient en l’humanité. Ils croient que leur travail contribue à améliorer la vie de bien des gens au pays et ailleurs dans le monde. Ils croient dans les valeurs auxquelles adhère le Canada», ajoute le communiqué du ministère.

De passage à London, en Ontario, où il a prononcé un discours lors d'une activité du Parti progressiste-conservateur provincial, a confié que le décès d'une personne qui sert son pays à l'étranger est dévastateur.

«Dès que quelqu'un succombe à un attentat terroriste, ça nous touche grandement. Mais lorsqu'il s'agit d'un Canadien, ça ébranle notre demeure. Et lorsqu'il s'agit d'un employé du gouvernement, ça nous frappe en plein coeur», a-t-il déclaré.

Mme Desloges laisse dans le deuil son époux, Robert Munk. Celui-ci a été blessé lors de l'attaque mais il a depuis reçu son congé de l'hôpital, a fait savoir M. Baird.

«Annemarie Desloges était une fonctionaire distinguée du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration qui servait le Canada au haut-commissariat du Canada au Kenya en tant qu'agente de liaison avec l'Agence des services frontaliers du Canada. Nous nous souviendrons d'elle et nous honorerons sa mémoire», a témoigné M. Harper.

Par respect pour la vie privée de la famille, le gouvernement canadien n'a divulgué aucun détail sur l'autre victime canadienne.

En milieu de soirée, le Nouveau Parti démocratique a également réagi à l'attaque, qualifiant ces gestes «d'ignobles».

Attaque revendiquée

Al-Shabab, un groupe armé affilié à Al-Qaïda s'est infiltré samedi au Westgate Mall, un centre commercial huppé de quatre étages, et ont encerclé un groupe de victimes. Selon Al-Shabab, les agresseurs auraient invité les fidèles de l'islam à se lever et à quitter les lieux, alors que les non-musulmans devaient rester.

Al-Shabab, une organisation somalienne, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter. Il dit avoir agi en guise de représailles contre la présence militaire kenyane en Somalie. Ces extrémistes disent vouloir transporter la guerre au Kenya. Ils ont menacé que d'autres attaques surviendraient.

Au moins 39 personnes ont été tuées et 150 blessées lors de l'attaque, selon la présidence kenyane. Le gouvernement de la France a confirmé que deux femmes avaient perdu la vie lors de ces attaques. Le Département d'État des États-Unis parlait de plusieurs blessés parmi ses citoyens, mais d'aucun décès.

À la nuit tombante, les otages étaient encore à l'intérieur, mais les autorités ne pouvaient dire combien. Deux groupes spéciaux des forces armées sont entrés dans le centre au cours des neuf heures qu'a duré l'affrontement.

Les premiers tirs et explosions de grande ont eu lieu peu après midi. Des témoins ont rapporté qu'au moins cinq attaquants armés, dont au moins une femme, ont d'abord pris d'assaut un café extérieur au Westgate Mall, un nouveau centre qui abrite des boutiques de marques renommées.

Les clients, des étrangers et des Kenyans fortunés, ont fui dans toutes les directions possibles, tant dans les arrière-boutiques que dans les chambres fortes des banques. Des blessés étaient transportés dans des paniers d'épicerie.

Durant les heures qui ont suivi, des groupes de personnes sortaient de l'édifice à mesure que progressait la police.

La police et l'armée ont encerclé le complexe alors que des hélicoptères le survolaient. Un journaliste de l'Associated Press a affirmé avoir vu un soldat kenyan blessé être transporté en ambulance à la tombée de la nuit, cela indiquant possiblement qu'une fusillade a eu lieu à l'intérieur.

Le président somalien, Hassan Sheikh Mohamoud, a déclaré que son pays connaissait «trop bien le coût humain de telles violences» et a dédié ses prières au Kenya.

Le président kenyan, Uhuru Kenyatta, a confié avoir perdu des «membres très proches de sa famille» dans cette attaque.

Le premier ministre britannique a également appelé M. Kenyatta et offert son assistance.

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