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ÉU-Iran multiplient les beaux gestes, mais les progrès seront longs

20/09/2013 07:04 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST

WASHINGTON - L'Iran et les États-Unis multiplient les gestes amicaux, mais les véritables progrès seront plus difficiles. Une première rencontre entre les présidents des deux nations semble possible, la semaine prochaine, mais sans des concessions nucléaires, les États-Unis ne vont sans doute pas donner ce que Téhéran réclame: un relâchement des sanctions qui ont entraîné une forte inflation et un chômage marqué.

Barack Obama et Hasan Rouhani se trouveront tous deux à New York, la semaine prochaine, pour l'Assemblée générale des Nations unies, et une série de gestes d'ouverture soulève la possibilité que les deux hommes se rencontrent face à face.

Au-delà des gestes de politesse, les États-Unis et d'autres puissances mondiales tentent d'obtenir une réduction de l'enrichissement d'uranium effectué en Iran, une surveillance en temps réel de ses installations nucléaires et une diminution de la production dans l'usine souterraine de Fordo. Cela ne risque pas d'arriver, disent des experts sur l'Iran. Du moins, pas de sitôt.

L'administration Obama a salué l'élection de M. Rouhani, un religieux modéré qui a obtenu une victoire importante lors de la présidentielle iranienne, en juin. Des signaux positifs ont aussi porté à croire qu'il pourrait y avoir une rencontre Obama-Rouhani en marge des Nations unies.

Des responsables américains demeurent cependant sceptiques quant à la possibilité que cette rhétorique de M. Rouhani soit suivie de modifications réelles des positions iraniennes quant à son programme nucléaire. Washington et ses alliés soupçonnent Téhéran de chercher à développer une arme atomique, tandis que l'Iran assure que ses activités nucléaires n'ont que des visées pacifiques.

M. Obama a tâté le terrain à l'aide d'un échange de lettres avec son homologue iranien. Selon des responsables américains, le président a utilisé cette correspondance pour souligner l'urgence de résoudre la dispute nucléaire via la diplomatie avant que cette option ne soit plus disponible.

Du côté iranien, on procède également à quelques gestes bienveillants. Le gouvernement a entre autres relâché, cette semaine, une dizaine d'importants prisonnier politiques, y compris un avocat pour les droits de l'homme qui a défendu des militants de l'opposition, récoltant une peine d'emprisonnement de trois ans.

Une rencontre en face à face entre MM. Obama et Rouhani marquerait une étape importante dans la relation américano-iranienne. Mais le véritable travail sur la question nucléaire ne viendrait que de négociations directes entre représentants américains et iraniens, ou en relançant les négociations entre l'Iran et les six puissances mondiales — les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne.

Ces discussions ont achoppé, en grande partie, en raison d'une mésentente sur le droit de l'Iran à enrichir de l'uranium, et ce même à un niveau moins élevé qui empêcherait le pays de développer une éventuelle ogive. Téhéran veut que la communauté internationale reconnaisse son droit à l'enrichissement d'uranium en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire, mais les six pays négociateurs n'ont pas osé aller en ce sens.

Parmi les principaux objectifs de l'Iran dans les négociations, on retrouve l'allégement des sanctions économiques internationales, tout en acceptant le moins de contraintes possibles quant à son programme nucléaire. L'administration Obama voit cependant ces sanctions comme un levier essentiel pour faire pression sur Téhéran, et est donc hésitant à relâcher la pression.

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