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Syrie: rebelles et islamistes s'affrontent toujours dans le nord du pays

20/09/2013 10:10 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Le principal groupe syrien d'opposition, appuyé par l'Occident, a mis en garde vendredi contre le fait que l'influence grandissante des militants d'al-Qaïda au sein du mouvement rebelle sapait la lutte pour une Syrie libre.

Cet avertissement survient alors qu'un cessez-le-feu a mis fin aux combats près de la frontière turque entre les principaux rebelles et les djihadistes appartenant au groupe États islamique en Irak et au Levant (ISIL). Lors de la bataille, ces derniers avaient pris le contrôle de la ville d'Azaz.

Alors que la trêve entrait en vigueur, d'autres insurgés islamistes ont affronté des tireurs kurdes dans le nord du pays.

Il s'agit de certains des pires combats fratricides des derniers mois entre les forces désirant renverser le président syrien Bachar el-Assad, et le tout menace de fragmenter encore davantage un mouvement d'opposition moins bien armé que le régime.

Dans une déclaration aux mots bien sentis, la Coalition nationale syrienne (CNS) a accusé les djihadistes d'aller à l'encontre des principes de la révolution syrienne.

«ISIL ne combat plus le régime el-Assad. Il renforce plutôt ses positions dans les zones libérées, et ce, aux dépens de la sécurité des civils», mentionne le communiqué.

«ISIL inflige au peuple les mêmes souffrances que le régime présidentiel.»

Les combattants liés à al-Qaïda ont été parmi les plus efficaces sur le champ de bataille, luttant aux côtés de l'Armée syrienne libre contre les forces gouvernementales. Les deux factions ont toutefois retourné leurs armes l'une contre l'autre, et les affrontements dans le nord de la Syrie ont fait des centaines de morts de chaque côté.

Vendredi, toujours, l'agence de presse officielle SANA a indiqué que le premier ministre adjoint de la Syrie, Qadri Jamil, avait été mal cité dans une entrevue accordée au Guardian, lors de laquelle il avait déclaré qu'aucun camp n'était assez fort pour l'emporter, et que le gouvernement lancerait un appel à un cessez-le-feu lors d'une conférence de paix prévue à Genève.

Par ailleurs, la Syrie a remis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) un inventaire initial de ses armes chimiques, a révélé vendredi l'organisation.

Le porte-parole de l'OIAC, Michael Luhan, a indiqué à l'Associated Press que cette déclaration est en voie d'être révisée. L'organisme ne fournira aucun détail concernant son contenu.

L'OIAC, qui supervise l'application du traité qui interdit les armes chimiques, cherche à accélérer la neutralisation de l'arsenal chimique syrien.

Les efforts diplomatiques progressent toutefois beaucoup plus lentement. Une première rencontre prévue pour dimanche, et pendant laquelle on devait discuter d'un plan américano-russe pour démanteler les armes chimiques syriennes, a été annulée et reportée à une date inconnue.

L'annulation n'a pas été expliquée.

Toutes les composantes du programme chimique syrien devraient avoir été détruites d'ici le milieu de 2014.

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