POLITIQUE

La ministre fédérale de la santé s'oppose à la décision de son ministère de fournir de l'héroïne

20/09/2013 05:12 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST
PC

OTTAWA - La ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, a déclaré vendredi que son ministère avait fait fausse route en permettant à certains toxicomanes de recevoir de l'héroïne par le biais d'un programme spécial.

Le programme a été créé pour offrir la possibilité à des patients, qui sont considérés comme des cas exceptionnels, d'obtenir des médicaments normalement interdits au Canada.

Or, le ministère de la Santé a récemment donné le feu vert à une requête qui autoriserait des toxicomanes à avoir accès à de l'héroïne.

«Cette décision est en conflit direct avec la politique anti-drogue du gouvernement et viole l'esprit et l'intention du programme d'accès spécial», a-t-elle affirmé dans une déclaration.

«Je prends immédiatement des mesures pour protéger l'intégrité du programme d'accès spécial et m'assurer que cela ne se reproduise pas.»

Mme Ambrose a argué qu'il existait déjà des traitements sécuritaires pour la dépendance à l'héroïne, tels que la méthadone.

«Le programme d'accès spécial a été créé pour traiter des cas inhabituels et des urgences médicales, pas pour donner des drogues illicites aux toxicomanes.»

La ministre n'a toutefois pas précisé si elle comptait renverser la décision ou simplement faire en sorte que ce genre d'incident ne se répète pas.

Le gouvernement Harper a adopté une ligne dure à l'endroit des drogues. Il s'est fermement opposé au site d'injection supervisé Insite, qui célèbrera ses dix ans d'existence samedi à Vancouver, et a perdu une longue bataille juridique qui avait pour but de le faire fermer.

À en juger par la réaction de la ministre, cette philosophie demeure.

«Notre gouvernement prend au sérieux les dommages causés par les drogues dangereuses qui provoquent la dépendance», a-t-elle dit. «Ces drogues déchirent des familles, entraînent les comportements criminels et détruisent des vies.»

Les requêtes au programme d'accès spécial sont confidentielles. Il n'est pas possible de savoir qui sera touché par l'arrêt du programme.

Néanmoins, un groupe de docteurs de la Colombie-Britannique a récemment annoncé ses plans de demander l'accès à l'héroïne par le biais de ce programme pour un groupe de patients qui participent à une étude clinique.

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