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Mexique: à la recherche de corps ensevelis par la boue

20/09/2013 05:30 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST
AFP

LA PINTADA - Armés seulement de pelles et de pioches, des centaines de secouristes militaires et civils s'affairaient vendredi à retrouver les corps de dizaines de disparus sous la montagne de boue ayant enseveli un village de montagne du sud du Mexique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Arrivés pour la plupart à pieds au village de La Pintada depuis Atoyac de Alvarez en contrebas, après six à sept heures de marche, 210 militaires, et 22 éléments de la marine militaire, épaulés par quelques dizaines de membres de la Protection civile mexicaine, s'activaient à retrouver les cadavres des 68 villageois officiellement portés disparus.

Une tâche qui, malgré l'acharnement des secouristes à dégager les objets épars et à creuser la boue, paraît démesurée, en l'absence de machines de déblaiement qui ne peuvent parvenir sur le site en raison de routes pour l'instant impraticables.

Les autorités militaires ont indiqué n'avoir trouvé pour l'instant que deux corps. Toutefois le maire d'Atoyac d Alvarez, municipalité dont fait partie La Pintada, avait fait état mardi de 15 morts. Des habitants du village ont dit à l'AFP que le lendemain du drame ils avaient retiré les corps de quatre personnes: une femme, son frère cadet, sa fille de trois ans et une jeune fille de 15 ans.

La plupart des quelques centaines d'habitants ne sont plus là: plus de 330 ont été évacués par les airs.

Ils ne sont plus qu'une trentaine encore sur place, restés avec l'espoir d'apprendre quelque chose au sujet des proches qu'ils n'ont pas revus.

Sous un ciel encore plombé de nuages, sur la partie qui subsiste de la petite place centrale, le "zocalo" du village, on peut encore voir les peintures récentes aux couleurs du Mexique - rouge, blanc, vert - pour la célébration de l'Indépendance du 16 septembre.

Apocalypse

Ce lundi-là fut surtout pour La Pintada une journée d'apocalypse qui a vu, vers 15H00, après 48 heures de pluies diluviennes, tout un pan de la montage surplombant le village se détacher dans un bruit de tonnerre et libérer une avalanche de boue effaçant des dizaines de maisons, l'église et l'école.

Une deuxième coulée de boue est arrivée vers 20H00 sur un village privé de lumière et de toute communication avec l'extérieur.

Xiane Adame, une petite fille de 10 ans, "a disparu alors qu'elle allait avertir un voisin qu'il avait un appel téléphonique", raconte son oncle Onesimo Adame. La mère vit aux États-Unis et la cadette était chez sa grand-mère.

Beaucoup de gens se trouvaient alors sur la place pour fêter le Jour de l'Indépendance, avec le leader de la communauté, raconte Onesimo. "Quelques-uns sont parvenus à courir, mais beaucoup de gens ont été pris".

Un membre de la Protection civile raconte qu'une femme avait laissé ses quatre enfants sur la place pendant qu'elle allait leur chercher à manger. "Les enfants sont tous morts", a-t-il entendu dire.

Diego Zeron, un agriculteur, déambule dans les rues, les yeux comme exorbités. "Je vois beaucoup de morts, c'est tout. Beaucoup de membres de ma famille sont morts, ils sont sous la boue et on ne peut rien faire, rien", se désole-t-il.

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