NOUVELLES

Le président du Soudan, accusé de génocide, doit s'adresser à l'ONU

20/09/2013 08:53 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST

S'il se présente comme prévu, le président soudanais Omar el-Béchir créera un malaise sans précédent en s'adressant à une assemblée générale des Nations unies.

Il deviendrait le premier chef d'État à se présenter au rassemblement onusien annuel des dirigeants alors qu'il fait face à des accusations internationales de crimes de guerre et de génocide.

M. El-Béchir fait face à deux actes d'accusations de la Cour pénale internationale pour des crimes liés au conflit dans le Darfour, une région occidentale du Soudan, où environ 300 000 personnes ont perdu la vie depuis 2003. Il a fait une demande de visa américain pour assister à la réunion de l'ONU et figure à l'horaire des discours, jeudi après-midi.

Le gouvernement américain a clairement établi qu'il ne souhaitait pas voir M. El-Béchir atterrir à New York. De son côté, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Samantha Power, a affirmé que ce voyage serait «déplorable, cynique et hautement inapproprié».

Toutefois, selon un traité américain conclu avec l'ONU en 1947, Washington, en tant que pays hôte de la réunion, est obligé d'accorder le visa. Les États-Unis n'ont d'ailleurs jamais bloqué l'entrée à un dirigeant d'État qui souhaite s'adresser à l'ONU.

Marie Harf, porte-parole adjointe du Département d'État, a évité une question à savoir si M. El-Béchir pourrait être arrêté s'il venait aux États-Unis.

«Il y a plusieurs considérations en jeu en ce qui concerne le visa du président El-Béchir, dont le mandat d'arrêt non exécuté dont il fait l'objet», a-t-elle affirmé vendredi. «Mais nous ne débattrons pas publiquement de ces questions. Nous continuerons de le faire en privé et délibérément.»

Le ministre des Affaires étrangères du Soudan a affirmé que les États-Unis n'étaient «pas qualifiés (...) pour servir des sermons et offrir des conseils» sur la loi internationale et les droits humains, et a enjoint Washington à rapidement accorder le visa à son président.

À l'instar des États-Unis, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réitéré que M. El-Béchir était soupçonné de crimes de guerre et de génocide et qu'il devrait coopérer avec la Cour pénale internationale.

PLUS:pc