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Julie Miville-Dechêne : la fronde

20/09/2013 10:23 EDT | Actualisé 20/11/2013 05:12 EST

BLOGUE de Sébastien Bovet - La sortie fracassante de la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, est exceptionnelle. Rarement, sinon jamais, a-t-on vu le président ou la présidente d'un organisme public critiquer ainsi le gouvernement et l'accuser directement, sans retenue, d'ingérence,

Quelques réflexions : 

1- Mme Miville-Dechêne a de toute évidence des réserves sur le projet de charte des valeurs. Peut-être même qu'elle n'est pas d'accord. Pas d'accord, parce que sa sortie met en cause la position historique du Conseil qui prône justement l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique et parapublique. Conséquence : un bras de fer avec la ministre Agnès Maltais.

2- Sur le fond, Mme Miville-Dechêne a tout de même un point : aucune étude ne sous-tend la position du gouvernement sur l'interdiction des signes religieux. Il serait peut-être bon d'en avoir une sur le nombre de femmes touchées et les effets que cela aurait sur elles.

3- L'indépendance du Conseil du statut de la femme est relative. Sa présidente est nommée par le gouvernement, les membres de son conseil d'administration aussi. On s'attend tout de même à ce qu'un comité consultatif (le Conseil donne des avis) reste à l'abri de l'ingérence politique directe. À quoi bon avoir un comité consultatif si on dirige ses travaux?

4- Les relations entre le gouvernement et la présidente du Conseil seront invivables au cours des prochains mois. Son mandat se termine en 2016. C'est long, trois ans, dans les circonstances.....

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