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Un puissant collecteur de fonds comme prochain ambassadeur américain au Canada?

19/09/2013 07:01 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - D'après ce que rapporte la Maison-Blanche, le président Barack Obama nommera Bruce Heyman, un financier de Chicago, à titre d'ambassadeur des États-Unis au Canada.

Connu comme étant une puissant collecteur de fonds pour le président, M. Heyman occupe le poste de directeur général de la gestion du patrimoine privé chez Goldman Sachs depuis 1999.

L'annonce de jeudi survient malgré les rumeurs qui ont circulé pendant l'été à l'effet que le complexe portefeuille d'investissement de M. Heyman pourrait l'avoir disqualifié pour l'emploi.

Bruce Heyman, qui travaille pour Goldman Sachs depuis 1980, remplacera David Jacobson, qui a été nommé au poste d'ambassadeur en 2009.

Des données publiques démontrent que M. Heyman et sa femme, Vicki, ont fait des dons à M. Obama depuis 2007. Ils sont connus comme étant parmi les meilleurs collecteurs de fonds.

Les deux ont contribué à la campagne de financement nationale de Barack Obama en 2012, l'aidant à obtenir des millions pour sa campagne de réélection.

Un récent document du Washington Post indique que M. Heyman est déjà passé par «l'école de charme» diplomatique du département d'État.

Il partage d'ailleurs certaines ressemblances avec son prédécesseur, M. Jacobson. Les deux hommes sont originaires de Chicago et ont été des acteurs de la montée politique de M. Obama à la Maison-Blanche.

David Jacobson a quitté Ottawa en juillet, laissant l'ambassade américaine dans la capitale canadienne sous la direction d'un chargé d'affaires.

L'apparent délai dans le processus de remplacement a déclenché certaines critiques alléguant que l'administration Obama ne plaçait pas le Canada au haut de sa liste des priorités.

Cependant, alors que M. Obama fait face à un ordre du jour national et international chargé, un analyste a affirmé qu'il serait difficile pour le Canada d'attirer l'attention de Washington, peu importe qui représente ses intérêts au nord de la frontière.

Fen Hampson, à la tête du programme de sécurité globale au Centre de la gouvernance internationale pour l'innovation à Waterloo, en Ontario, a souligné que le Canada était le dernier pays du G8 à obtenir la nomination d'un ambassadeur, démontrant à quel point le pays est au bas de la liste des priorités des États-Unis, même en étant son plus important partenaire commercial et un fournisseur majeur d'énergie.

M. Hampson a déclaré que Bruce Heyman bénéficiait de sa proximité avec M. Obama et de sa vaste expérience en affaires pour faire avancer certains dossiers-clé, mais qu'il était quand même limité par la situation politique du président américain.

Pour sa part, Maryscott Greenwood, du Conseil des affaires canadiennes-américaines, a rejeté du revers de la main l'hypothèse voulant que le délai ait été inhabituellement long et qualifié le choix du président américain «d'inspiré».

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