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Le proxénétisme et la traite de personnes de plus en plus important au Québec

19/09/2013 05:12 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST
Getty

Le proxénétisme et la traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle prennent de plus en plus d'importance au sein des organisations criminelles, selon un rapport du Service de renseignement criminel du Québec dont Radio-Canada a obtenu copie.

Montréal serait la Mecque au Canada, avec plus de 330 établissements qui offrent des services sexuels.

Devant ce constat préoccupant, le Service de renseignement incite les policiers à faire preuve de plus de vigilance pour repérer les cas d'exploitation sexuelle. Car, bien que le phénomène prenne de l'ampleur, le nombre d'arrestations est resté constant au cours des dernières années.

Pascale Philibert, travailleuse sociale au Centre jeunesse de la Montérégie, reconnaît que ces dossiers ne sont pas faciles pour les policiers.

Le Service de renseignement tient à rappeler aux policiers que les femmes qui font de la prostitution ne sont pas toutes consentantes et qu'elles sont souvent des victimes. Il s'agit de jeunes filles, vulnérables, qui ont généralement été piégées.

Cela commence très souvent par une histoire d'amour, avant que la relation ne tourne au cauchemar. Le proxénète en vient à utiliser la violence, la menace et la séquestration.

« C'est clair que dans ces milieux-là, dès qu'il y a un proxénète, dès qu'il y a une emprise, dès que la fille veut cesser ses activités ou les diminuer », il est difficile d'en sortir et il y aura de la violence, explique la travailleuse sociale Pascale Philibert.

« On va aussi menacer les jeunes filles ou faire de l'extorsion en leur disant : "Je vais aller chercher ta soeur, je vais menacer tes parents, je connais ton adresse". À ce moment-là, beaucoup d'adolescentes vont décider de continuer leurs activités », ajoute Mme Philibert.

La jeune fille devient alors une esclave sexuelle, victime de traite de personnes. L'âge moyen des victimes est de 20 ans, mais on retrouve aussi des jeunes filles de 14 ans, provenant de tous les milieux. Souvent en fugue, elles deviennent des proies faciles pour les proxénètes.

« La traite de personnes est le fait de contraindre des individus à fournir leurs services, et ce faisant, de les exploiter. » - extrait du rapport

« On a des filles qui sont simplement aventureuses, qui aiment beaucoup l'idée du bad boy, qui ont ce côté gangster. Elles sont attirées par ça », affirme Pascale Philibert.

En plus des gangs de rue, le crime organisé est de plus en plus présent dans le commerce du sexe. Selon le rapport, le crime organisé finance ainsi le trafic d'armes et de drogues.

Les proxénètes annoncent sur Internet les services de leurs victimes. Ils louent des chambres d'hôtel ou des appartements pour qu'elles y reçoivent leurs clients. On les retrouve aussi dans les salons de massage, les bars de danseuse et les agences d'escortes. Les policiers savent où les chercher.

Profil des suspects

Au total, 1348 suspects impliqués dans le proxénétisme ou la traite de personnes ont été identifiés, dont la majorité sont des hommes.

Le quart des suspects sont impliqués dans plus d'un dossier de proxénétisme ou de traite de personnes et 53,2 % d'entre eux ont des liens avec les gangs de rue.

Profil des victimes

Quelque 39 % des victimes sont mineures. Bien que la majorité d'entre elles soient des femmes, « il y a également des hommes qui peuvent être victimes de proxénétisme », rappelle le Service de renseignement criminel du Québec.

Le chiffre de 437 victimes a été retenu dans le cadre de cette analyse, selon le rapport du Service de renseignement, mais ce nombre aurait facilement pu être doublé, car plus de 400 victimes « n'ont pu être ajoutées parce que des informations étaient manquantes ».

Avec les informations de Johanne Faucher

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