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« C'était à l'UPAC d'annoncer la perquisition » - Robert Dutil

19/09/2013 08:06 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST

Un texte de Yanick Cyr

Le député du Parti libéral du Québec (PLQ) Robert Dutil était le seul député du parti au courant de la perquisition de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) du mois de juillet, a révélé le principal intéressé en entrevue à l'émission matinale de Montréal d'ICI Radio-Canada Première. M. Dutil estime que c'était à l'UPAC, et non au parti, de révéler la perquisition.

M. Dutil croyait que l'UPAC annoncerait la perquisition, mais il ne savait pas quand elle le ferait. Il s'est dit surpris de constater qu'elle n'en a rien fait et il réfute avoir voulu dissimuler la perquisition. C'est finalement l'équipe d'Enquête qui en a révélé l'existence au début de la semaine.

Critiqué au sein de son propre parti pour ne pas avoir dévoilé la perquisition du mois de juillet, le chef du PLQ, Philippe Couillard, a choisi de dévoiler, le jour même, qu'il avait été interrogé par deux enquêteurs de l'escouade Marteau, le bras policier de l'UPAC, à son domicile de Québec. M.Dutil explique que M. Couillard a décidé d'agir en toute transparence. Il a même averti les policiers venus l'interroger qu'il serait forcé de rendre leur visite publique. Les policiers l'ont ainsi informé de ce qu'il pouvait révéler et ce qu'il devait taire pour ne pas nuire à l'enquête.

M. Dutil rappelle que c'est le PLQ qui a mis l'UPAC sur pied pour « faire le ménage au Québec ». Il ne croit pas que le parti souffre des enquêtes de l'UPAC et de ce qu'elles pourraient générer devant la commission Charbonneau. Il se félicite plutôt des succès de l'escouade mise sur pied sur le modèle de la force new-yorkaise. M. Dutil est particulièrement fier du fait que l'UPAC ait un statut permanent.

Des développements d'ici octobre?

Le député de Saint-Jérôme Jacques Duchesneau estime au contraire que le PLQ aurait du révéler l'affaire le plus tôt possible.

L'ancien policier devenu député de la Coalition avenir Québec (CAQ) a déclaré, mercredi, que M. Couillard avait donné « les bonnes réponses » aux policiers, sans quoi « ils seraient repartis avec lui ». À la lumière de l'interrogatoire qu'a subi M. Couillard, mercredi, il avance que « les policiers ont peut-être trouvé quelque chose » lors de leur perquisition de juillet dernier.

Il explique que les policiers ont 90 jours, après la perquisition, pour y donner suite. Il se dit convaincu « qu'il se passera des choses » d'ici l'échéance d'octobre prochain.

Les deux politiciens s'entendent toutefois sur une chose, toute la classe politique est éclaboussée par ces histoires de financement illégal. M. Duchesneau en profite pour réfuter les allégations d'un autre député libéral et ancien policier, Robert Poëti, qui a laissé entendre que l'UPAC pouvait avoir un « agenda » de perquisitions. M. Duchesneau explique que le Parti québécois et la CAQ ont également été écorchés par l'escouade policière.

M. Duchesneau soutient toutefois que le processus de nomination du chef de la Sûreté du Québec pourrait être revu afin de couper court à toute apparence d'interférence entre les pouvoirs politique et judiciaire. Il explique que le chef de la SQ est le seul chef de police qui est nommé par le gouvernement dont il relève. Au sein des administrations municipales, il souligne que c'est un comité formé d'élus de tous les partis qui procède au choix d'un chef de police.

 

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