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Mexique : déjà plus de 160 morts et disparus dans les intempéries

19/09/2013 01:09 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST
AP
Rain water pours into the beach due to heavy rains caused by Tropical Storm Manuel in the Pacific resort city of Acapulco, Mexico, Sunday, Sept. 15, 2013. Flooding and landslides unleashed by Hurricane Ingrid and Tropical Storm Manuel have claimed at least a dozen lives in Mexico and sparked the evacuations of thousands of people even before the weather systems had made landfall on the country's east and west coasts. (AP Photo/Bernandino Hernandez)

Les secouristes s'apprêtaient à reprendre vendredi les difficiles recherches dans un village du sud du Mexique emporté par la boue, faisant 68 disparus, alors que les tempêtes qui frappent le pays depuis bientôt une semaine ont déjà fait une centaine de morts.

Jeudi, une centaine de soldats et de policiers sont parvenus à rallier le village de la Pintada (Etat de Guerrero, sud), enseveli lundi par une coulée de boue.

Dans l'ensemble du pays, "à l'heure actuelle nous comptabilisons 97 décès" sur les côtes orientale et occidentale, a annoncé jeudi après-midi Luis Felipe Puente, coordonnateur national de la protection civile à la chaîne de télévision Foro TV.

Les deux tempêtes, passées un moment au rang d'ouragan avant de se calmer en touchant terre, ont affecté un total de 200 000 personnes, et 50 000 ont dû être évacuées, ont également indiqué les autorités.

Le Guerrero était l'Etat le plus touché par les conséquences de l'ouragan Manuel, qui a de nouveau touché terre jeudi par la côte nord-ouest, à hauteur de l'Etat du Sinaloa, avant d'être rétrogradé dans la journée au rang de tempête tropicale.

En fin de semaine dernière, le pays a été pris en tenaille entre la tempête Manuel à l'ouest (devenue ouragan quelques jours plus tard) et l'ouragan Ingrid à l'est, phénomène météorologique rare ayant entraîné des pluies torrentielles qui ont emporté des routes, des ponts, des milliers d'habitations et provoqué glissements de terrains et inondations meurtrières.

"La terre a bougé"

"Les plus graves conséquences de Manuel et Ingrid se ressentent à La Pintada", village situé à l'ouest de la station balnéaire d'Acapulco, sur la côte Pacifique, a déclaré à une radio locale le ministre de l'Intérieur, Miguel Angel Osorio Chong.

La coulée de boue a enseveli une grande partie du village, enfouissant maisons, école, église, dont le clocher a été renversé et la croix brisée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Les gens étaient dans l'église pour prier Dieu de faire cesser la pluie", a raconté Roberto Catalan, un agriculteur de 56 ans. "La terre a bougé. Quand nous avons entendu un +bang!+, nous nous sommes mis à courir", a-t-il poursuivi.

Jose Minos Romero, 12 ans, a confié qu'il jouait au football avec 10 autres enfants et n'a été sauvé que grâce à sa mère qui l'a rappelé alors que "(ses) amis sont morts".

Le glissement de terrain s'est produit alors que de nombreuses personnes déjeunaient à l'occasion des célébrations du Jour de l'Indépendance. La nouvelle de la catastrophe n'a été rapportée que deux jours plus tard, après qu'un survivant a réussi à contacter par radio un village voisin.

Communautés indigènes isolées

L'intervention des secours a été retardée de plusieurs heures en raison de craintes que les pluies ne provoquent un nouveau glissement de terrain dans le village.

Mais les troupes sont finalement arrivées sur place à l'issue d'un périple de sept heures sur une route de montagne sinueuse recouverte par la boue et les roches. Il faut normalement deux heures pour arriver en voiture de la municipalité la plus proche.

Les premières équipes de sauvetage étaient arrivées par hélicoptère mercredi et avaient pu évacuer 337 personnes, soit la plupart des habitants, a indiqué M. Osorio Chong.

Jeudi soir, les autorités ont annoncé avoir perdu la trace de l'un des hélicoptères chargés des évacuations. L'appareil, après avoir déposé des gens évacués de La Pintada, est reparti avec à bord ses trois membres d'équipage "et là nous avons perdu le contact", a indiqué un responsable des secours cité par la chaîne Televisa.

Le nombre total de victimes dans le pays pourrait encore augmenter. Selon le Centre des droits de l'homme de la montagne, une association de l'Etat de Guerrero, "des centaines de communautés indigènes ne peuvent plus communiquer en raison des mauvaises conditions météorologiques". Elle cite plusieurs autres villages du Guerrero où des adultes et des enfants seraient décédés en raison des intempéries.

L'association dénonce l'absence de coordination entre les autorités nationales, régionales et municipales.

M. Osorio Chong a répondu à ces critiques en assurant que le gouvernement allait vérifier la véracité de ces témoignages. Mais il a souligné que "dans certaines communautés nous ne pouvons arriver ni par les airs ni pas la terre".

A Acapulco, le port touristique de l'Etat de Guerrero, dont on ne peut toujours pas sortir par voie terrestre, l'évacuation des touristes piégés continue par voie aérienne.

Quelque 15 000 des 40 000 touristes, principalement mexicains, bloqués dans la ville avaient pu être ramené vers Mexico jeudi soir, et les autorités disaient espérer pouvoir rouvrir la route reliant la station balnéaire à la capitale vers la mi-journée vendredi.