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François-Louis Tremblay prend sa retraite (VIDÉO)

19/09/2013 12:54 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le patineur de vitesse sur courte piste François-Louis Tremblay a décidé de mettre un terme à son illustre carrière, auréolée de cinq médailles olympiques. Mais il ne le fait pas de la façon dont il l'aurait souhaité.

Le patineur de 32 ans, l'athlète canadien masculin le plus décoré aux JO avec Marc Gagnon et le coureur Phil Edwards, avait déjà convenu que la saison 2013-14 serait sa dernière, mais un carton jaune reçu en demi-finale du 1000 mètres des sélections canadiennes, en août dernier, aura bousillé ses plans. Ce carton l'a relégué au septième rang du classement général, ne lui laissant que l'espoir d'une sélection discrétionnaire pour pouvoir participer aux Jeux de Sotchi, qui auraient été ses quatrièmes.

Quand, une semaine plus tard, on lui annoncé que ce ne serait pas le cas, il savait qu'il avait livré sa dernière course à vie.

«Je pense qu'il n'y a pas grand monde qui s'attendait à me voir offrir d'aussi bonnes performances aux sélections canadiennes cette année et jusqu'à la toute dernière course, je me battais pour la troisième ou quatrième place. Ce carton jaune-là m'a vraiment coûté cher en points: j'ai glissé à la septième place. En étant septième, j'étais pas mal loin derrière pour motiver un choix discrétionnaire. Ça s'est vraiment joué là. Moi, j'ai la pleine conviction dans ma tête que j'avais fait ce qu'il fallait et que j'avais offert les performances qu'il fallait. C'est fâcheux, mais le couperet, fallait qu'il tombe, et il est tombé devant moi.»

Tremblay, qui compte 12 médailles en Championnats du monde et de nombreuses autres en Coupes du monde en plus de celles amassées aux JO, aurait souhaité quitter son sport dans d'autres circonstances. Il questionne d'ailleurs ce carton, obtenu après qu'il eut provoqué une chute à la suite d'une tentative de dépassement.

«J'aurais voulu que les arbitres aillent voir la reprise vidéo. Je n'ai pas l'impression que j'ai tous les torts là-dedans. En même temps, je pense qu'étant donné que Charles (Hamelin) s'était blessé sur la séquence, je pense qu'il y a eu un peu de précipitation de la part des arbitres. Ça ne donne plus rien de ressasser tout ça, mais j'aurais préféré qu'ils aillent à la reprise pour en avoir le coeur net, car dans le fond, ça a eu une incidence énorme sur le reste de ma carrière et de ma vie.

«C'est encore plus décevant que si j'avais fini 12e, dans l'ombre, sans être passé proche de me qualifier. Là, je prends ma retraite en pensant, en sachant que j'aurais pu y aller.»

Le choc a été difficile à avaler.

«J'ai pleuré des heures et des heures. Ce que je voulais, c'était de me classer pour vrai, je n'avais jamais pensé au choix discrétionnaire. C'est mon entraîneur Derrick Campbell qui m'a annoncé la décision. Il m'a expliqué les raisons et il a terminé en me disant que malgré ce que je pouvais apporter au relais, j'allais demeurer septième. Après cette discussion, je savais que ma carrière était terminée.»

Il ajoute toutefois ne rien regretter.

«J'ai toujours été fidèle à ma philosophie. Je n'ai pas tourné pas les coins ronds, j'ai fait tout ce qu'il faut pour livrer de bonnes performances et les derniers trois, quatre mois ont vraiment été à l'image de ma carrière: je me suis couché tôt, j'ai bien mangé, j'ai perdu du poids, je me suis entraîné sérieusement, j'ai même ajusté mes entraînements. Je n'ai pas pris de raccourci.

«Mais j'aurais souhaité avoir une vraie dernière course, où les gens m'auraient applaudi et où j'aurais eu une petite mention spéciale de l'annonceur. On s'imagine toujours qu'il va y en avoir une dernière course et qu'elle sera un beau moment, tandis que là, je suis parti dans le silence, dans la controverse, après le seul carton jaune de ma carrière. Ça a été extrêmement difficile à vivre.»

Tremblay, qui consacrera maintenant son temps et son énergie à compléter son baccalauréat en finances à l'Université du Québec à Montréal, conservera plusieurs précieux souvenirs de sa carrière, dont la finale du relais des Jeux de Vancouver, alors qu'il a patiné les deux derniers tours et franchi le fil d'arrivée le premier.

«C'étaient tellement de grosses responsabilités, ramener cette médaille pour les trois autres membres de l'équipe, les entraîneurs et le pays que de pouvoir réussir avec autant de pression, c'est quelque chose dont je suis réellement fier et je vais m'en rappeler toute ma vie.»

Il doit maintenant apprendre à composer avec un horaire qui n'est pas rempli à pleine capacité, ce dont il s'accommode plutôt bien.

«C'est drôle, j'ai vraiment des temps morts dans ma journée! Vers 15h, j'ai terminé mes lectures, mes devoirs, alors je tourne en rond un peu. Mais ça ne me dérange pas d'avoir des temps morts. J'ai jamais eu de repos dans ma vie. J'ai jamais eu de mois de septembre relax. Je ne pense pas avoir pris de vacances l'été depuis que j'ai 15 ans. Pour l'instant, j'apprécie mes temps morts à 100 pour cent.»

On sent tout de même un bémol dans son timbre de voix.

«Ça ne pourra pas durer longtemps comme ça: je suis habitué à bouger, à être toujours occupé du matin au soir. C'est un nouveau rythme de vie. Quand je serai à l'aise avec mon horaire universitaire, je pourrai ajouter d'autres affaires. Mais je veux bien faire ce que je fais.»