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Course à la mairie de Montréal, une métropole à relever

19/09/2013 06:33 EDT | Actualisé 19/11/2013 05:12 EST

C'est parti! La campagne électorale est maintenant officiellement lancée, même si les principaux candidats à la mairie mènent campagne tambour battant depuis déjà plusieurs semaines.

Le 3 novembre prochain, plus d'un million d'électeurs montréalais seront appelés aux urnes pour choisir un nouveau maire et des conseillers qui auront fort à faire pour redorer l'image de la métropole.

Un texte de Stéphane Bordeleau

Mais Montréal ce n'est pas qu'un maire. Le jour du scrutin, c'est 103 sièges de conseillers de ville et d'arrondissement que les électeurs devront pourvoir, dont ceux de 19 maires d'arrondissement.

À cela s'ajoutent des élections dans les 14 villes défusionnées de l'île de Montréal avec lesquelles la métropole partage des services et d'importantes infrastructures.

Ce n'est donc pas une mince tâche qui attend les hommes et les femmes qui accéderont aux commandes de cette administration complexe, secouée par des scandales de corruption, des démissions en cascade et une économie dont le taux de chômage atteint plus de 8 %.

Malgré l'ampleur des défis qui les attendent, les candidats à la mairie sont nombreux et la lutte s'annonce chaude.

Pas moins d'une quinzaine de partis politiques et une vingtaine de candidats indépendants sont inscrits au bureau du Directeur général des élections du Québec.

Jusqu'à maintenant, la course à la mairie de Montréal se dessine comme une lutte à trois entre le parti de l'ex-député libéral fédéral Denis Coderre, Projet Montréal de Richard Bergeron et la Coalition Montréal de Marcel Côté et Louise Harel, chef de Vision Montréal.

Les grands partis devront aussi composer avec l'arrivée dans la course du parti de la spécialiste des communications Mélanie Joly et du parti Intégrité Montréal de l'éditeur Michel Brûlé qui pourraient tous deux changer la donne en allant puiser dans l'électorat de leurs adversaires et en amenant aux urnes des citoyens qui ne vont habituellement pas voter.

Les enjeux

Qu'importe qui sortira gagnant de cette élection municipale, le prochain maire ou la prochaine mairesse devra démontrer du leadership et s'entourer d'une solide équipe pour reprendre la barre de la métropole, sans gouvernail, depuis la série de scandales et d'allégations de corruption qui a conduit à la démission du maire Gérald Tremblay, à l'effondrement de son parti, Union Montréal, et peu de temps après à l'arrestation du nouveau maire Michael Applebaum par l'unité anticorruption de la Sûreté du Québec.

Intégrité

Le système de collusion et de corruption mis à jour dans le processus d'attribution des contrats de travaux publics à la Ville de Montréal obligera d'entrée de jeu la nouvelle administration à montrer patte blanche aux citoyens et à instaurer d'importantes mesures de transparence, de vérification et de contrôle dans l'ensemble de l'appareil municipal. L'intégrité et l'éthique devront être de mise à l'hôtel de ville de Montréal.

Infrastructures

Les nouveaux élus devront aussi composer avec des infrastructures vieillissantes dont ils devront assurer la restauration à long terme, mais aussi avec plusieurs chantiers d'envergure qui auront un impact majeur notamment sur la circulation et les transports à Montréal.

Il suffit de penser au chantier du nouveau pont Champlain, à celui de l'autoroute Bonaventure, de l'échangeur Turcot, à la réparation de dizaines de kilomètres de conduits d'aqueduc souterrains ou à la réfection de tous les viaducs et tunnels lézardés pour juger de l'ampleur des défis qui attendent la nouvelle administration.

Le transport en commun

En plus des importants chantiers qui perturberont les voies rapides et des grands axes routiers aux abords du centre-ville, la nouvelle administration devra développer et perfectionner son système de transport en commun pour répondre au flot croissant d'usagers.

Le transport est d'ailleurs l'un des principaux enjeux de cette campagne non seulement matière d'organisation des transports, mais aussi dans l'élaboration d'un système viable de financement des transports en commun. 

Exode des familles

Si des dizaines de milliers de travailleurs convergent chaque jour vers la ville pour s'y rendre travailler, des milliers de citoyens la quittent également pour aller s'installer ailleurs, principalement en banlieue, où les propriétés sont moins chères et l'environnement plus propice aux familles.

La nouvelle administration devra donc rendre la ville plus accueillante, mais surtout plus abordable pour les familles qui ont de moins en moins les moyens d'habiter Montréal, même dans des logements.

Une ville difficile à gouverner

Des changements s'imposent également en matière de gouvernance de la ville morcelée en 19 arrondissements, tous dotés d'un conseil et d'un maire. Une structure érigée en duchés qui pour certains rend la ville ingouvernable en raison de la lourdeur et de la complexité du partage des pouvoirs, des ressources financières et des responsabilités entre les arrondissements et la ville centrale. Sans compter les jeux d'alliances et d'allégeances politiques qu'encourage une telle structure.  

Relance de la ville

En ce qui a trait au développement économique et au rayonnement de Montréal, la nouvelle administration devra développer des mécanismes efficaces pour attirer les investisseurs et les entrepreneurs tout en simplifiant le processus administratif d'obtention d'autorisation et de permis jugé trop lourd et trop lent par plusieurs candidats à la mairie. 

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