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Pointés du doigt par le CP, les producteurs de produits chimiques se défendent

18/09/2013 03:52 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Les producteurs canadiens de produits chimiques ont nié, mercredi, se «traîner» les pieds en ce qui a trait à l'acquisition de wagons-citernes plus sûrs, après que le grand patron du Canadien Pacifique (TSX:CP) eut accusé les producteurs de pétrole, de produits chimiques et d'autres marchandises du pays d'avoir systématiquement empêché de tels achats.

«Nous devons continuer à améliorer nos réglementations et pratiques en matière de sécurité, ce qui est exactement ce que nous faisons et la raison pour laquelle nous avons un programme si avancé dans ce domaine», a affirmé le président de l'Association canadienne de l'industrie de la chimie, Richard Paton.

«Oui, nous devons continuer à améliorer les wagons afin de nous assurer que le bon wagon soit là en fonction du niveau de danger ou de risque du produit, et nous le faisons», a-t-il ajouté.

Hunter Harrison, qui est chef de la direction du CP depuis 2012 et a déjà été à la tête du Canadien National (TSX:CNR), a pointé du doigt les expéditeurs dans une entrevue publiée mercredi par le quotidien The Globe and Mail.

Ses propos surviennent alors que le CP et le CN, les plus importants acteurs du réseau de chemins de fer au Canada, prédisent tous deux une croissance substantielle du transport de pétrole brut dans les prochaines années.

M. Harrison estime que le coeur du problème se résume à une affaire d'argent, assurant qu'il ne fait aucun doute que le réseau peut être amélioré.

M. Harrison a affirmé que «l'agitation» et la «bureaucratie» ralentissaient l'instauration de nouvelles mesures de sécurité pour éviter que d'autres tragédies comme celle de Lac-Mégantic ne se produisent.

Il a blâmé les grands producteurs de pétrole, de produits chimiques et d'autres marchandises, qui possèdent la vaste majorité des wagons-citernes de l'Amérique du Nord, affirmant que ce sont eux qui freinent la mise en place de réformes.

La déclaration de M. Harrison survient alors que le rôle présumé du CP dans la tragédie de Lac-Mégantic est passé au crible. Un accident ferroviaire impliquant la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) a fauché la vie de 47 personnes dans la petite municipalité québécoise, le 6 juillet.

La MMA assurait le transport de wagons chargés de pétrole brut destinés à la raffinerie d'Irving à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, mais le train a déraillé et explosé en plein centre-ville de Lac-Mégantic.

Le CP s'était occupé du transport de ce convoi, qui arrivait du centre des États-Unis, sur un tronçon précédent.

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