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Le gouverneur de la Banque du Canada incite les entreprises à dépenser

18/09/2013 12:07 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

VANCOUVER - Le gouverneur de la Banque du Canada a incité les entreprises à délier les cordons de la bourse et à commencer à dépenser, affirmant que l'économie canadienne était sur le point de recommencer à croître de façon naturelle à la suite de la récession.

Stephen Poloz s'attend à voir une augmentation des investissements de la part des entreprises alors que les conditions économiques semblent de plus en plus inspirer confiance.

«Lorsque la bulle a éclaté en 2008, nous nous sommes retrouvés dans un cratère, où nous sommes encore aujourd’hui», a souligné M. Poloz, mercredi, devant 600 membres de la Chambre de commerce de Vancouver.

Pour illustrer ce concept, le gouverneur de la Banque du Canada a utilisé l’exemple d’une sauce à spaghetti qui mijote.

«Sous chaque bulle, il y a un cratère de même dimension, a-t-il dit. Donc, pour une bulle de sept ans, on a un cratère de sept ans. Les banques centrales ont rempli ce cratère de liquidités, pour que nous puissions le traverser. Nous devons nous assurer de regagner le bord sans nous échouer.».

Selon M. Poloz, les conditions économiques devraient être de retour à la normale grâce, notamment, à la demande extérieure, surtout du côté des États-Unis.

Selon l'économiste en chef chez BMO Marchés des capitaux, Doug Porter, le discours du gouverneur de la Banque du Canada a été écrit pour ne pas bousculer les marchés, alors que la Réserve fédérale américaine procédait à des annonces, mercredi.

«Il (M. Poloz) n'a pas surpris, comme le faisait occasionnellement son prédécesseur (Mark Carney), a dit M. Porter. M. Poloz a préféré se montrer encourageant.»

La Réserve fédérale a décidé de poursuivre son programme de rachat d'obligations de 85 milliards $ US par mois parce qu'elle veut être certaine que la reprise de l'économie américaine se fera pour de bon.

L'institution américaine a indiqué que la croissance de l'économie était modérée, mais qu'elle était freinée par la hausse des taux d'intérêts hypothécaires et la réduction des dépenses gouvernementales.

De son côté, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a noté que la reprise de l'économie mondiale était encore précaire, mais que celle des États-Unis semblait solide.

«L'industrie automobile est un bon exemple, a souligné M. Flaherty, à Brampton, en Ontario. Ce secteur a remonté la pente et le marché immobilier a également effectué un retour plus modeste. Le tout survient cependant après des années de recul.

«L'économie américaine reprend du poil de la bête, de façon modeste. C'est bon pour le Canada», a-t-il ajouté.

La dette des ménages est considérée par la Banque du Canada comme une menace qui pourrait plomber la reprise économique.

Questionné sur la hausse des prix des maisons et le haut taux d'endettement des ménages relativement au revenu disponible, M. Poloz a dit ne pas croire qu'il y avait un risque de bulle immobilière.

Malgré une hausse des taux d'intérêt à long terme récemment, le gouverneur de la Banque du Canada a rappelé que les taux demeuraient exceptionnellement bas.

On s'attend à ce que l'économie canadienne reprenne de la vigueur au troisième trimestre après avoir été ralentie au deuxième trimestre par la grève dans le secteur de la construction au Québec ainsi que les inondations en Alberta.

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