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Le cinéaste Arthur Lamothe n'est plus

18/09/2013 10:53 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

Le cinéaste militant Arthur Lamothe, bien connu au Québec pour son film Bûcherons de la Manouane et sa lutte en faveur de la cause autochtone, est décédé mercredi. Il avait 84 ans.

La nouvelle a été annoncée en fin de journée par Jean-Pierre Tadros, qui publie CTVM.info, un bulletin d'information destiné aux professionnels de l'industrie audiovisuelle québécoise.

M. Tadros a précisé que le cinéaste « est mort de vieillesse », entouré de ses proches, vers 18 h 30, après quelques mois passés dans un état végétatif.

Un cinéaste engagé

De 1973 à 1983, Arthur Lamothe a réalisé une série de 13 longs et moyens métrages, la Chronique des Indiens du nord-est du Québec. Avec l'aide de l'anthropologue Rémi Savard, il a documenté les revendications des Amérindiens, prenant à partie les pouvoirs politiques blancs et parlant carrément d'ethnocide pour qualifier l'attitude des Blancs envers les Amérindiens. Cette œuvre d'une indéniable valeur ethnologique a permis de garder sur pellicule des traditions disparues.

Né en 1928 en Gascogne, il est arrivé au Québec en 1953. Il a étudié l'économie politique à l'Université de Montréal et écrit sur le cinéma, notamment dans Cité Libre et dans Liberté.

M. Lamothe a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF, se liant avec Gilles Carle. Il a d'ailleurs coscénarisé La mort d'un bûcheron et participé aux Corps célestes, tandis que Gilles Carle a coscénarisé Équinoxe (1986). Il a ensuite réalisé de nombreux films à caractère pédagogique, social et politique. Ses documentaires ont obtenu plus de succès que ses oeuvres de fiction.

En 1996, la France l'a fait Chevalier des arts et des lettres. Il était aussi membre de l'Ordre du Canada et chevalier de l'Ordre du Québec.

Ses films Bûcherons de la Manouane et Mémoire battante font partie de la cinémathèque de base en études québécoises constituée par l'Association internationale d'études québécoises.

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