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France: le Sénat vote en faveur de l'interdiction des concours de mini miss

18/09/2013 02:50 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

PARIS - Le Sénat français a adopté, mercredi, une mesure visant à interdire les concours de beauté pour les enfants de moins de 16 ans dans un effort pour empêcher la sexualisation précoce des petites filles.

En vertu de cette mesure, toute personne inscrivant un enfant à ce type de concours pourrait écoper jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros (41 000 $CAN) en amende.

Les sénateurs ont approuvé la proposition à 197 contre 146, mercredi, sous la forme d'un amendement au projet de loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes. La législation sera soumise à la chambre basse du Parlement où elle fera l'objet de nouvelles discussions et d'un autre vote.

Les concours de beauté pour enfants, qui mettent en vedette des filles de tout âge très maquillées et habillées en poupées, provoquent régulièrement des débats publics en France et ailleurs.

Même si ce genre de compétition est moins fréquent en France qu'aux États-Unis, les petites Françaises reçoivent très tôt le message qu'elles sont des êtres sexués par le biais des publicités et des campagnes de marketing. Les grands magasins contribuent aussi à ce phénomène, notamment en vendant de la lingerie pour les fillettes de 6 ans.

Selon l'auteure de l'amendement, la députée Chantal Jouanno, l'égalité entre femmes et hommes est menacée par l'hypersexualisation des enfants de 6 à 12 ans.

«À cette âge, les enfants doivent se concentrer sur l'acquisition de connaissances. Mais avec les concours de mini miss et ces autres types d'événements, nous braquons les projecteurs sur leur apparence physique. J'ai de la difficulté à voir comment ces compétitions peuvent être dans l'intérêt des enfants», a déclaré Mme Jouanno.

La députée a souligné que l'amendement visait principalement à protéger les filles. «Lorsque j'ai demandé à un organisateur pourquoi il n'y avait pas de concours de beauté pour les petits garçons, il a répondu que les garçons ne s'abaisseraient jamais à faire ça.»

Au cours du même débat, les sénateurs français ont aussi rejeté un amendement qui aurait limité le recours à des mannequins de moins de 16 ans pour promouvoir des produits ou des services destinés à des adultes.

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