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Financement du PLQ: deux policiers de l'UPAC ont interrogé Philippe Couillard

18/09/2013 03:04 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - L'enquête policière menée par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) n'a pas épargné son chef, Philippe Couillard.

M. Couillard a eu la surprise de constater que deux policiers de la Sûreté du Québec, un homme et une femme, l'attendaient devant chez lui, à Québec, mercredi matin, dans le but de lui poser des questions relatives aux pratiques de financement et au fonctionnement du PLQ.

La «conversation» dirigée par les deux enquêteurs de l'escouade Marteau, qui relève de l'UPAC, a duré près d'une heure à la résidence du chef.

«C'est une expérience humaine particulière», a commenté M. Couillard, qui n'avait jamais vécu ce type de rencontre avec des enquêteurs auparavant. «Ce n'est pas une expérience humaine agréable», a-t-il ajouté.

Il semble que le chef libéral a ainsi pu apprendre qui exactement l'UPAC visait, lorsqu'elle s'est présentée le 8 juillet dernier à la permanence du parti, rue Waverly, à Montréal, armée d'un mandat de perquisition. Mais il est tenu au secret et n'a révélé aucun nom.

Au moment de la perquisition, l'UPAC, qui mène des enquêtes de nature criminelle, avait saisi divers documents appartenant au PLQ, dont la nature n'a pas été révélée. Le mandat de perquisition a été mis sous scellé, et on ne peut donc pas savoir sur quoi il s'appuie.

Après avoir répondu aux questions des forces de l'ordre, M. Couillard a choisi de jouer la carte de la transparence, en rendant publique sa rencontre quelques heures seulement après le fait.

La veille, certains lui avaient reproché, incluant des députés de sa formation politique, d'avoir caché pendant plus de deux mois que l'UPAC était débarquée au PLQ.

M. Couillard a dit que lui-même n'était pas visé par l'enquête policière et qu'aucun député libéral siégeant actuellement à l'Assemblée nationale non plus. Mardi, Radio-Canada révélait que l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau faisait partie des personnes visées. M. Couillard n'a pas voulu commenter cette information.

Comme il avait fait la veille en confirmant la perquisition dans les locaux du parti survenue en juillet, M. Couillard a dit mercredi qu'il voulait «connaître la vérité sans compromis» sur de possibles incartades passées au sein des troupes libérales.

Aussi, s'il est avéré que d'anciens ministres ou députés libéraux ont enfreint la loi et font l'objet d'accusations criminelles, qu'ils «assument les conséquences de leurs gestes», a-t-il dit, en conférence de presse.

Le leader libéral a semblé prendre la chose avec philosophie. «On va faire ce passage, qui doit être fait. Les gens devront répondre de leurs actes et on va avancer», a-t-il dit.

Présent à la conférence de presse, le député libéral Robert Poéti, lui-même un ancien policier, a semblé imaginer un complot policier contre le PLQ, tenant pour acquis que la SQ aurait délibérément choisi son moment pour mettre le chef libéral dans l'embarras.

«Si les gens pensent que c'est un hasard que (l'annonce de la perquisition) ça s'est produit la veille de la rentrée parlementaire, je vous laisse le soin de juger. Si on pense que ce matin c'est encore un hasard, au lendemain d'une conférence de presse où le chef dit clairement qu'il veut la vérité, si vous pensez que c'est un hasard médiatique, je vous laisse le soin d'en juger», a-t-il commenté.

Un autre ancien policier, le député caquiste Jacques Duchesneau, a jugé significatif la méthode employée par la SQ pour interpeller, sans prévenir, M. Couillard, mercredi matin à son appartement.

Selon lui, la police a agi de la sorte pour éviter que le chef libéral ait le temps de préparer soigneusement ses réponses, et il est persuadé que M. Couillard avait intérêt à ne pas se défiler.

«Je suis convaincu que M. Couillard a donné les bonnes réponses. Parce que s'il avait donné les mauvaises réponses, je suis sûr que les policiers seraient partis avec M. Couillard», a soutenu M. Duchesneau en point de presse.

De son côté, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a réagi au nom du gouvernement pour estimer que l'histoire n'était «pas banale».

«Je trouve ça grave. C'est pas banal, un chef de parti visité par la police chez lui», a-t-il dit, en concluant que «le PLQ vit actuellement une crise sur des questions d'éthique».

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