NOUVELLES

Armes chimiques: la trajectoire des roquettes lie l'attaque à une base du régime

18/09/2013 08:51 EDT | Actualisé 18/11/2013 05:12 EST

BEYROUTH - La trajectoire des roquettes qui ont dispersé le gaz sarin lors de l'attaque chimique du mois dernier en banlieue de Damas fait partie des preuves liant l'événement à des bases militaires du régime de Bachar el-Assad dans les montagnes entourant la capitale syrienne, ont indiqué mercredi des diplomates et des porte-parole de groupes de défense des droits humains.

L'assaut du 21 août, qui a fait des centaines de victimes, a provoqué la crise concernant les armes chimiques en Syrie. Les États-Unis ont menacé de lancer une intervention militaire contre le pays déchiré par la guerre civile, ce qui a mené à l'élaboration d'un plan par Washington et Moscou visant à démanteler l'arsenal chimique du régime Assad.

Un rapport publié lundi par les Nations unies a confirmé que des armes chimiques avaient été utilisées en sol syrien sans toutefois désigner de coupables.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont cité des éléments du rapport pour déclarer le gouvernement syrien responsable de l'attaque chimique. La Russie a pour sa part affirmé que le document ne présentait qu'un seul côté de la médaille et qu'elle avait de bonnes raisons de penser que l'assaut était une «provocation» de la part des rebelles tentant de renverser Bachar el-Assad.

Le rapport fournit toutefois des données laissant entendre que les roquettes remplies de gaz neurotoxique provenaient du nord-ouest de Damas, ce qui semble indiquer qu'elles avaient été envoyées depuis les montagnes où l'armée syrienne possède plusieurs bases importantes.

Le mont Qassioun, qui surplombe la capitale syrienne, abrite l'une des trois résidences de M. Assad et est souvent utilisé par les troupes syriennes pour bombarder Damas. La puissante garde républicaine, qui est dirigée par le frère cadet du président, a aussi des installations dans cette zone.

Un diplomate de l'ONU a soutenu sous le couvert de l'anonymat qu'il était absolument clair que les armes chimiques avaient été utilisées par le régime syrien et non par les rebelles. Pour étayer ses propos, il a évoqué cinq éléments, soit l'ampleur de l'attaque, la qualité du gaz sarin, le type de roquettes et d'ogives, ainsi que la trajectoire des roquettes.

Un rapport du groupe Human Rights Watch (HRW) a également affirmé que la trajectoire présumée des roquettes établie par les inspecteurs des Nations unies semblait indiquer qu'elles avaient été lancées depuis une base de la garde républicaine sur le mont Qassioun.

Les conclusions de HRW sont les mêmes que celles de plusieurs experts ayant lu le rapport de l'équipe d'inspection de l'ONU. Les inspecteurs n'avaient toutefois pas le mandat de déterminer quel camp était responsable de l'assaut.

Plus tôt mercredi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, avait révélé que la Syrie avait remis à la Russie des documents démontrant que les rebelles avaient participé à l'attaque chimique, mais que Moscou n'avait pas encore tiré ses propres conclusions.

M. Ryabkov a également ajouté que le gouvernement russe n'était pas satisfait du rapport de l'ONU, le jugeant partial et basé sur des renseignements insuffisants.

Le porte-parole des Nations unies, Martin Nesirky a qualifié ces propos de tentative pour remettre en question la crédibilité de l'équipe d'inspection et le rapport. Il a ajouté que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, était convaincu du professionnalisme de ses inspecteurs et avait confiance en leur travail.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies devaient se rencontrer mercredi pour discuter d'une nouvelle résolution portant sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

PLUS:pc