NOUVELLES

Syrie: la Russie exclut l'usage de la force, l'opposition veut une réponse forte

17/09/2013 01:11 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

DAMAS, Syrie - La Russie insistait, mardi, pour qu'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie n'autorise pas le recours à la force, tandis que le principal groupe de l'opposition syrienne réclamait une réponse internationale forte après la publication du rapport des experts des Nations unies, qui confirme que des armes chimiques ont été utilisées dans les banlieues de Damas le mois dernier.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part estimé que la résolution visant à confirmer l'accord américano-russe sur l'élimination de l'arsenal chimique syrien devait être «exécutoire».

À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie avait «clairement» pris position contre le recours à la force en Syrie lors des négociations à Genève sur l'abandon par le régime syrien de son arsenal chimique.

Mais si des signes laissent penser que la Syrie ne respecte pas son engagement ou laissent croire à une nouvelle utilisation d'armes chimiques, «le Conseil de sécurité examinera la situation», a affirmé M. Lavrov, suggérant qu'un éventuel recours à la force pourrait être réévalué. Le chef de la diplomatie russe a tenu ces propos lors d'une conférence de presse avec son homologue français, Laurent Fabius.

La France et les États-Unis affirment que l'option militaire reste sur la table et font pression pour que la future résolution du Conseil de sécurité reflète ce fait.

M. Ban a déclaré mardi que la façon «la plus efficace» d'assurer la mise en application de la future résolution serait de la placer sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies. Le chapitre 7 porte sur les menaces à la paix et à la sécurité internationale et contient des dispositions sur des mesures non militaires, comme les sanctions, et sur le recours à la force.

Même si, en principe, toutes les résolutions du Conseil de sécurité sont juridiquement contraignantes, le secrétaire général a estimé que «dans la réalité, nous avons besoin de lignes directrices claires conformes au chapitre 7».

La porte-parole de la mission américaine à l'ONU, Erin Pelton, a indiqué que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité se réuniraient plus tard mardi pour discuter des termes du projet de résolution.

Ces nouveaux développements surviennent au lendemain de la publication du rapport des inspecteurs de l'ONU sur l'attaque du 21 août. C'est la première fois que des experts impartiaux confirment que des armes chimiques ont été utilisées près de Damas, faisant des centaines de morts.

Même si le rapport confirme l'utilisation d'armes chimiques, les enquêteurs n'avaient pas pour mandat de déterminer quel camp a perpétré l'attaque, et MM. Lavrov et Fabius avaient des interprétations différentes des conclusions des experts.

«Sur la base des informations obtenues par nos agents externes, nous considérons que le rapport prouve la responsabilité du régime», a déclaré M. Fabius mardi.

M. Lavrov a quant à lui affirmé que la Russie «a de sérieuses raisons de penser qu'il s'agissait d'une provocation» des rebelles qui combattent le régime de Bachar el-Assad.

Le principal groupe de l'opposition syrienne, le Conseil national syrien (CNS), estime que le rapport de l'ONU offre des «preuves accablantes et irréfutables» et montre clairement que seul le régime peut être responsable de l'attaque, qualifiée de «crime de guerre» par le secrétaire général des Nations unies.

Le CNS exige une réaction énergique de la communauté internationale et demande aux Nations unies de référer le dossier à la Cour pénale internationale.

«Le Conseil national syrien exhorte le Conseil de sécurité à mettre fin à la culture de l'impunité en Syrie et à empêcher le régime syrien de commettre d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité», a déclaré le CNS.

Ban Ki-moon a affirmé lundi que le rapport des inspecteurs de l'ONU était «la confirmation la plus significative de l'utilisation d'armes chimiques contre des civils depuis que Saddam Hussein en a fait usage» à Halabja, en Irak, en 1988. M. Ban a estimé que l'attaque en Syrie était «la pire utilisation d'armes de destruction massive du 21e siècle».

Le rapport des inspecteurs affirme que des roquettes sol-sol chargées de gaz sarin ont été tirées d'une zone où se trouvent des bases de l'armée syrienne, tout en soulignant que les preuves pourraient avoir été manipulées dans les secteurs rebelles où les roquettes sont tombées.

PLUS:pc