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Québec s'empare de l'entrepôt de BPC de Reliance à Pointe-Claire

17/09/2013 08:47 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada

POINTE-CLAIRE, Qc - Le gouvernement du Québec annonce sa prise de contrôle du site de la compagnie Reliance qui entrepose illégalement des biphényles polychlorés (BPC) à Pointe-Claire, dans l'ouest de l'île de Montréal.

L'entreprise avait jusqu'à jeudi dernier pour fournir un plan d'action visant à sécuriser les lieux et en retirer les BPC. Des inspections menées la fin de semaine dernière ont toutefois démontré que l'entreprise n'avait appliqué aucune des mesures promises.

Lors d'une visite sur les lieux, mardi, le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet, a annoncé que son ministère prendrait désormais le contrôle des opérations visant à sécuriser et à décontaminer le terrain.

Le gouvernement a confié à l'entreprise Sanexen les mandats d'analyser les lieux et d'entreprendre d'ici 48 heures le déplacement des BPC. Québec a aussi pris une hypothèque légale lui assurant de s'approprier du terrain de Reliance à Pointe-Claire et des actifs de la compagnie.

Selon M. Blanchet, la décontamination pourrait coûter jusqu'à 3,5 millions $, et cela ne comprend pas le nettoyage des sols, si cela s'avère nécessaire.

Le ministre a également lancé que sa patience envers Reliance avait atteint ses limites, et qu'il n'écartait pas l'idée de poursuivre l'entreprise au criminel.

«Il y a une enquête en cours dans cette affaire et je ne veux pas y nuire», a-t-il dit.

Aux côtés du ministre Blanchet, le maire de Pointe-Claire, Bill McMurchie, s'est dit ravi par la tournure des événements.

«La question la plus urgente était l'enlèvement des BPC et il est désormais clair que cela sera fait, a confié M. McMurchie. Une fois que les produits seront retirés, le site deviendra un terrain industriel, qui devra être décontaminé.»

Il y a près de deux semaines, le ministre avait accepté le plan de gestion de produits chimiques qui lui avait été soumis par Reliance.

Les BPC peuvent être retrouvés dans de vieux transformateurs électriques, et sont liés à des cancers et à d'autres effets délétères sur la santé, y compris des dégâts au système nerveux.

L'incident a rappelé le triste souvenir de la crise de Saint-Basile-le-Grand, en 1988, lorsque des milliers de personnes ont été évacuées de leurs maisons après une explosion dans un entrepôt où étaient stockés des BPC.

Le gouvernement provincial a gardé le silence sur le plus récent incident depuis le mois de mars. L'affaire n'a été ébruitée que le mois dernier, cinq mois après le déversement.

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