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Postes Canada en crise

17/09/2013 06:38 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

Postes Canada est confrontée à une crise financière sans précédent et peine à s'en sortir dans le contexte des nouvelles technologies.

Les employés comme Marc Arsenault, un facteur de 35 ans, se disent inquiets. « Le volume de lettres depuis le lock-out, il y a deux ou trois ans, a diminué pratiquement de moitié », confie-t-il.

Les lettres et les factures représentaient la moitié des revenus de la société d'État, mais les postiers en ont livré un milliard de moins depuis sept ans, une baisse estimée à 20 %.

Le grand bouleversement est venu des communications électroniques et ce n'est pas fini.

La société pourrait manquer de liquidités dès le printemps. Elle doit entreprendre des transformations majeures.

Tous les scénarios sont étudiés, selon Daniel Beaulne, directeur général des opérations d'établissements Est.

Cela passe par la livraison aux deux jours à l'implantation de boîtes postales communautaires, même en zone urbaine. Il s'agit de combiner les différentes options, explique M. Beaulne. « La livraison à la porte est beaucoup plus coûteuse qu'une livraison dans une boîte postale », ajoute-t-il.

Cette situation inquiète le gouvernement, qui pense que Postes Canada doit être financièrement autonome.

Dans ce contexte de crise, la société tente de proposer des services censés séduire la clientèle. En collaboration avec quatre grands détaillants, elle a lancé mardi un projet-pilote dans la région de Toronto, promettant aux acheteurs sur Internet qu'ils recevront leur commande le soir même.

Pour Germain Belzile, Postes Canada est un monopole d'État et on est en train de se défaire de ce modèle-là dans le monde.

Selon lui, la privatisation est la solution et un débat s'impose.

Cela prendra plusieurs années, mais avec les échéances électorales, « les politiciens en général aimeraient mieux que quelqu'un le règle à leur place », dit M. Belzile.

En plus de cette situation peu enviable, Postes Canada doit composer avec un régime de retraite qui accuse un déficit de 6 milliards de dollars. L'employeur doit y verser un milliard d'ici juin.

Le reportage de Marc Godbout

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