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Perquisition de l'UPAC au PLQ: Philippe Couillard se montre embarrassé

17/09/2013 01:27 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - La rentrée parlementaire des libéraux de Philippe Couillard a été entachée, mardi, par de nouveaux doutes surgis quant aux pratiques de financement en cours au Parti libéral du Québec (PLQ).

Le chef libéral a confirmé que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) avait effectué une perquisition dans les locaux du parti, rue Waverly, à Montréal, en juillet, et que des documents avaient alors été saisis par la police.

En conférence de presse, M. Couillard, qui tente de rehausser l'image d'intégrité de son parti depuis qu'il en a pris les rênes en mars dernier, a paru fort embarrassé par cette situation.

«Le passé est là. On ne le refera pas. On va l'assumer. On va s'assurer que les gens aient à répondre de leurs actes», a dit M. Couillard, en ajoutant que la journée était «moins agréable que d'autres».

Lui qui a fait de la transparence une des marques de commerce de son leadership a dû aussi expliquer pourquoi il avait choisi en juillet de ne pas rendre publique cette opération policière, ni d'en saisir son caucus. Seul l'exécutif du parti a été mis au courant.

Pour justifier son choix, M. Couillard a fait valoir qu'il n'avait pas voulu perturber l'enquête policière. Il a aussi dit que de toute façon, tôt ou tard, l'information serait connue, d'autant plus si des accusations formelles sont portées.

«Je veux la vérité, a-t-il dit. Je veux que si des personnes ont agi illégalement qu'elles en répondent.»

Depuis, les membres du caucus libéral ont été interpellés, à l'interne, pour savoir s'ils avaient fait l'objet de questions de l'UPAC. À sa connaissance, à ce jour, aucun député libéral n'a été interrogé par la police en relation avec cette perquisition. Lui-même n'a pas été interrogé. Il a ajouté qu'il ignorait et ne voulait pas savoir si d'anciens députés ou ministres libéraux avaient été interrogés par la police.

Il est difficile d'en savoir davantage sur le travail des policiers dans cette affaire, car le mandat de perquisition a été mis sous scellé afin que son contenu ne puisse pas être rendu public.

Source d'embarras supplémentaire pour le chef libéral, l'information autour de la perquisition a été divulguée au moment même où on apprenait que le député libéral de Robert-Baldwin, Pierre Marsan, avait tenté d'obtenir du financement pour le parti en faisant valoir par lettre à l'Association sépharade de la banlieue ouest de Montréal que le parti avait été généreux à l'égard des juifs sépharades dans le passé, au point de leur octroyer un permis de garderie.

Le fait de faire miroiter une faveur en retour d'un don d'argent au parti a fait sursauter le chef libéral, qui a rabroué publiquement son député, disant juger son initiative totalement «inacceptable et inappropriée». «Cela ne doit pas se reproduire et cela ne se reproduira pas», a-t-il tranché.

Député depuis 1994, Pierre Marsan n'est pas exactement un néophyte en politique. Dans les rangs libéraux, on s'étonnait qu'il ait commis une telle bourde, peu compatible avec l'image de probité absolue dans le financement que M. Couillard cherche à imposer.

«Je n'accepterai pas de tels liens entre des décisions de subvention et des autorisations quelconques, et le financement (du parti), a dit M. Couillard. S'il y a une piastre qui rentre dans le parti de même, je veux pas la piastre. Je veux pas cet argent.»

En Chambre, le député a présenté publiquement ses excuses, reconnaissant ses torts.

L'affaire a été prise au sérieux par le Directeur général des élections (DGE), qui a annoncé mardi qu'il allait vérifier la légalité du geste de M. Marsan. Dans un communiqué, le DGE, Jacques Drouin, rappelle aux élus que seuls les individus, et non les groupes, associations ou personnes morales, peuvent financer les partis politiques au Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a réagi à l'initiative de M. Marsan, en concluant que «rien n'a changé au Parti libéral».

«On continue à collecter de l'argent en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des retours d'ascenseur», a commenté M. Legault.

À propos de la perquisition aux locaux du PLQ, il a noté que Philippe Couillard n'avait pas informé son caucus de cette intervention policière, alors qu'il «avait promis de la transparence» dans son parti lorsqu'il en est devenu le chef.

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