POLITIQUE

Maria Mourani va en cour pour contester les limites de la circonscription d'Ahuntsic

17/09/2013 04:13 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST
Agence QMI

OTTAWA - La députée fédérale Maria Mourani va devant les tribunaux pour contester les nouvelles frontières imposées à sa circonscription d'Ahuntsic, surtout le fait qu'un de ses quartiers historique sera littéralement coupé en deux.

La députée d'Ahuntsic, dans le nord de Montréal, veut faire annuler par la Cour fédérale certaines conclusions de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour le Québec.

La procédure a été déposée lundi par Mme Mourani — jusqu'à tout récemment députée du Bloc québécois, mais depuis exclue du caucus — et par une citoyenne d'Ahuntsic, Danielle Lagacé.

Le rapport de la commission, rendu public fin août, prévoit que la circonscription de St-Laurent-Cartierville sera scindée et que la portion «Cartierville» sera ajoutée à Ahuntsic.

De plus, le quartier Sault-au-Récollet, qui inclut une ancienne paroisse historique, sera coupé en deux: une portion demeurera avec Ahuntsic, mais l'autre sera rattachée à Bourassa, l'ancienne circonscription du député libéral Denis Coderre.

Mme Mourani souhaite que Ahuntsic reste intacte. Les citoyens ont un sentiment d'appartenance très fort envers leur secteur, a expliqué en entrevue son avocat et attaché politique, Réjean Paul Forget. «Les gens veulent se reconnaître dans leurs élus», dit-il.

Et puis la population d'Ahuntsic va être minoritaire dans les deux nouvelles circonscriptions, ajoute Me Forget.

L'idée derrière le redécoupage des circonscriptions est que chaque vote d'un citoyen doit avoir le même poids. Pour ce faire, il doit y avoir un nombre de résidents à peu près similaire dans chacune des circonscriptions. Lorsque la population d'une circonscription croît beaucoup plus que sa voisine, elles doivent être rééquilibrées.

Me Forget va plaider que la commission doit se baser sur les plus récentes données de Statistique Canada sur la population pour délimiter les comtés et non pas — comme cela fut le cas — sur les intervenants qui sont venus «spéculer» lors des audiences que Cartierville connaîtra une forte croissance démographique au cours des prochaines années.

Il souligne qu'il est précisé dans le rapport de la commission que St-Laurent-Cartierville a bénéficié d'un «traitement spécial» en raison de ce boom démographique anticipé. «Pour tout le Québec, c'est le seul cas (de traitement spécial)», commente-t-il.

Prise dans une tempête médiatique depuis son exclusion du caucus bloquiste en raison de ses propos sur la charte des valeurs québécoises, Mme Mourani n'a pas voulu accorder d'entrevue au sujet de ses procédures pour le moment.

Elle avait aussi fait des représentations devant un comité des Communes chargé d'examiner les nouvelles limites proposées pour les comtés électoraux.

Dans le rapport final de ce comité, on pouvait lire que «il va sans dire que la division de Sault-au-Récollet est malheureuse, le Comité est d'accord avec Mme Mourani à ce sujet. Toutefois, il comprend que la Commission devait faire des choix difficiles et qu'elle ne pouvait pas maintenir l'intégralité de tous les arrondissements et districts municipaux sur l'Île de Montréal».

Mme Mourani avait reçu l'appui de la ministre québécoise Diane De Courcy. «Je demande donc le statu quo pour l'ensemble de l'Île de Montréal», écrivait-elle au président du comité des Communes dans une lettre datée d'avril 2013. Elle ne veut pas voir le comté divisé, un comté qu'elle décrit comme «la communauté d'Ahuntsic, un quartier naturel aux origines historiques qui remontent au village d'Ahuntsic, devenu quartier montréalais en 1910».

Le député libéral fédéral Stéphane Dion, qui représente St-Laurent-Cartierville, n'a pas voulu commenter avant d'avoir pris connaissance des procédures déposées en cour.

En février dernier, il s'était toutefois prononcé sur le redécoupage. Il aurait aimé garder sa circonscription intacte, mais disait s'être rendu à l'évidence. «J'ai rapidement compris qu'il m'était impossible de pouvoir conserver et Saint-Laurent et Cartierville car ma circonscription était rendue la plus populeuse de l'Île avec la plus forte croissance démographique passée et à venir», écrivait-il dans un communiqué.

Il est donc satisfait des nouvelles délimitations car «l'histoire, l'intégrité, et les communautés d'intérêts de St-Laurent et de Cartierville ont été préservées».

Le gouvernement peut mettre en oeuvre les conclusions de la commission par décret, a expliqué Me Forget, qui représente aussi l'autre requérante, Danielle Lagacé. Reste à voir s'il va attendre que le recours judiciaire soit terminé, ajoute-t-il.

INOLTRE SU HUFFPOST

Ce que les maires ont laissé à Montréal