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L'auteur de la fusillade à Washington avait des problèmes de santé mentale

17/09/2013 06:24 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

WASHINGTON - L'ancien réserviste qui a tué 12 personnes sur une base de la marine américaine à Washington a déjà porté plainte aux autorités du Rhode Island en disant que des gens lui parlaient à travers les murs et le plafond de ses chambres d'hôtel et lui envoyaient des ondes magnétiques pour l'empêcher de dormir.

Cette plainte, détaillée dans un rapport de la police de Newport rédigé le 7 août, s'ajoute au portrait déconcertant d'Aaron Alexis qui a commencé à émerger dans la foulée de la fusillade survenue lundi.

Alexis, un spécialiste des technologies de l'information à l'emploi d'un sous-traitant du département de la Défense, a utilisé une carte d'accès valide pour entrer dans la base hautement surveillée lundi matin avant d'ouvrir le feu dans l'un des édifices, a indiqué le FBI. L'homme de 34 ans a été abattu dans un échange de tirs avec les policiers.

Le motif pour cette tuerie de masse, la plus meurtrière à s'être produite dans des installations militaires aux États-Unis depuis la fusillade à Fort Hood, au Texas, en 2009, demeure nébuleux, ont révélé les enquêteurs.

Des représentants des autorités ont raconté à l'Associated Press sous le couvert de l'anonymat qu'Aaron Alexis n'avait pas de lien connu avec un réseau terroriste et que les investigateurs n'avaient trouvé aucun manifeste ou document pouvant laisser entendre que l'attaque avait été lancée pour une raison politique ou religieuse.

Selon les représentants, Alexis souffrait de plusieurs problèmes de santé mentale, incluant de la paranoïa et des troubles du sommeil, et entendaient des voix. Il était soigné depuis le mois d'août par le département américain des Vétérans. La marine ne l'avait toutefois pas déclaré inapte, ce qui aurait eu pour résultat d'annuler l'habilitation de sécurité qu'il avait obtenue lorsqu'il était réserviste.

Converti au bouddhisme et sujet à des explosions de rage, Aaron Alexis était un Afro-américain ayant grandi à New York mais dont le dernier lieu de résidence connu se trouve à Fort Worth, au Texas. Il se plaignait souvent d'avoir été victime de discrimination au sein de la marine. Le trentenaire a également eu des ennuis avec la police en lien avec des incidents impliquant des armes à feu survenus en 2004 et en 2010 au Texas et à Seattle.

En raison de sa propension à l'insubordination, son inconduite et son absentéisme, Alexis a reçu son congé de l'armée en 2011 après avoir travaillé pendant quatre ans à temps complet comme réserviste. Durant son service, il a également réparé les systèmes électriques d'avions à Fort Worth.

En plus des 12 personnes tuées, 8 autres ont blessées, dont 3 par balles. Leur vie n'est toutefois pas en danger.

La fusillade de lundi s'est amorcée vers 8 h 20 et s'est déroulée dans un bâtiment de la base de la marine dans la capitale américaine, à moins de sept kilomètres de la Maison-Blanche et à environ trois kilomètres du Capitole.

Le secrétaire de la marine, Ray Mabus, a ordonné mardi la tenue de deux enquêtes visant à évaluer l'efficacité des méthodes utilisées par la marine pour protéger ses bases et vérifier l'identité et le statut de ses employés.

Un représentant a également révélé que le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, avait l'intention de demander un examen des mesures de sécurité pour toutes les installations de son département à travers le monde.

Pour mener son attaque, Aaron Alexis s'est servi d'un fusil de chasse acheté en Virginie, a précisé le FBI. Il a aussi pris une arme de poing à un policier sur le site.

Pendant une bonne partie de la journée de lundi, les autorités ont cherché un deuxième tireur portant supposément un uniforme militaire vert. En soirée, elles ont toutefois déclaré être convaincues que la fusillade était l'oeuvre d'un seul homme et relâché les mesures de sécurité.

Le président Barack Obama a déploré le fait que les États-Unis aient été une fois de plus le théâtre d'une tuerie de masse et promis que le ou les responsables seraient traduits en justice.

L'attaque s'est produite quatre ans après que le psychiatre militaire Nidal Hasan eut tué 13 personnes à Fort Hood dans ce qu'il a qualifié d'effort pour épargner des vies musulmanes à l'étranger. Il a été reconnu coupable le mois dernier et condamné à mort.

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