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La CAQ presse le gouvernement de conclure le débat sur la laïcité

17/09/2013 05:51 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - Craignant une «crise sociale», la Coalition avenir Québec (CAQ) presse le gouvernement d'évacuer le débat sur la laïcité en adoptant sa proposition sur les signes religieux.

Le chef caquiste François Legault a plaidé mardi pour que la première ministre Pauline Marois évite de faire traîner le dossier pour faire des gains politiques.

La CAQ estime que la position de sa formation permettrait au gouvernement minoritaire d'adopter un projet de loi pour baliser les accommodements religieux et interdire les signes religieux à certains fonctionnaires.

À la différence du Parti québécois, la CAQ est opposée à une interdiction des signes religieux à l'ensemble des membres de la fonction publique et parapublique.

M. Legault a répété que les fonctionnaires en position d'autorité, comme les juges, policiers et enseignants, entre autres, devraient être les seuls visés par cette interdiction, peu importe la dimension des signes religieux.

Tout en appelant au compromis, M. Legault a reconnu que la CAQ ne fait aucune concession depuis que la formation avait pris position dans le débat à la fin d'août.

Le chef caquiste a soutenu que son parti a déjà fait l'effort d'arriver à un compromis puisque ses membres sont divisés sur la question, comme le montrent les sondages.

«Je demande à Mme Marois de ne pas traîner le dossier pour des raisons politiques, a-t-il dit. Je pense que ce n’est pas le temps de faire des gains politiques.»

La CAQ est d'accord avec les balises proposées par le gouvernement pour les accommodements religieux, qui seraient incluses dans la Charte des droits et libertés. Mais la formation croit qu'il est inutile d'interdire le port de signes religieux à tous les fonctionnaires.

«Il faut être capables de couper la poire en deux, a-t-il dit. C’est pour ça qu’on propose, nous, de dire: qu’on interdise les signes religieux pour le personnel de l’État, qui est en position d’autorité.»

M. Legault a lancé cet appel, mardi, jour de la rentrée parlementaire à Québec, alors que le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée, a ouvert la porte à bonifier la proposition péquiste sur la laïcité.

Lors d'un point de presse, le chef caquiste a constaté que la population québécoise est divisée sur la proposition du gouvernement et il doute que l'opinion publique évoluera davantage même si le débat continue.

«Le danger que je vois actuellement, puis qui est réel, c’est de laisser traîner ce dossier-là pendant plusieurs mois, et puis qu’on vive une crise sociale, a-t-il dit. Je pense que, dans la situation économique actuelle, la dernière chose qu’on devrait souhaiter, c’est une crise sociale.»

À une question de M. Legault en Chambre, mardi, Mme Marois a répondu que le débat sur la proposition gouvernementale doit se poursuivre.

«Ce projet de charte, il vient d’être déposé, a-t-elle dit. Il mérite qu’on prenne plus de temps pour entendre les points de vue de nos citoyens.»

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