POLITIQUE

Débat autour du projet de loi pour l'aide médicale à mourir

17/09/2013 04:20 EDT | Actualisé 17/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada.ca

Un consensus semble se dégager autour de l'aide médicale à mourir au sein de la communauté médicale, mais le Collège des médecins estime que le projet de loi 52 ne va pas assez loin.

Le Collège des médecins et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont tous deux pour l'ajout de l'aide médicale à mourir dans l'offre de soins, tel que prévu dans le projet de loi 52 du gouvernement de Pauline Marois.

Mais, le Collège des médecins s'interroge sur le sort des gens qui ne sont pas aptes à demander un tel traitement. Le Collège cite le cas de patients atteints de démence avancée et de la maladie d'Alzheimer. Le président-directeur général du Collège des médecins, Charles Bernard, croit qu'il serait possible de déléguer la décision de recourir à l'aide médicale à mourir à l'équipe formée des mandataires, des proches, des parents et du médecin traitant.

La FMOQ s'oppose toutefois à ce qu'on se précipite dans cette voie. Elle propose plutôt qu'on procède d'abord avec les patients aptes à donner leur consentement, tel que prévu dans le projet de loi.

« On a des gens souffrant de maladies mentales, de maladies neurologiques, qui sont des personnes inaptes au sens de la loi, mais chez qui on ne sait pas ce qu'ils peuvent ressentir vraiment dans ces situations-là, explique le président de la FMOQ, Louis Godin. Donc, compte tenu de ce flou-là qui existe [...] il nous apparaît trop tôt pour aller jusque-là. »

L'importance des soins palliatifs

Dans son mémoire présenté à la Commission de la santé et des services sociaux, le Collège des médecins souligne l'importance d'assurer le développement des soins palliatifs. « Pour nous, l'aide médicale à mourir doit rester une intervention exceptionnelle réservée aux situations où une personne souffrant d'une maladie grave et incurable et qui est en phase terminale éprouve des souffrances constantes et difficiles à soulager », précise Charles Bernard.

L'ordre professionnel des médecins applaudit la création de la Commission sur les soins de fin de vie qui assurera le suivi de l'application de l'éventuelle loi. Il se réjouit du fait que la commission ne se limitera pas à faire respecter la loi, mais qu'elle servira également à recueillir et analyser des informations sur les soins de fin de vie qui s'avéreront essentielles pour la suite du débat.

La ministre responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, a déposé son projet de loi sur les soins de fin de vie à l'Assemblée nationale, afin d'encadrer l'aide médicale à mourir, en juin dernier. L'aide médicale à mourir constituerait une première au Canada puisqu'elle n'est offerte nulle part ailleurs au pays. Cette pratique médicale serait ajoutée à la liste des actes médicaux réservés aux médecins.

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